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02/03/11
Highway to hell
ACDC
 
Nous avons décidé de vous faire découvrir (ou re découvrir) les albums qui ont marqué une époque et qui nous paraissent importants pour comprendre l'évolution de notre style préféré.
Nous traiterons de l'album en le réintégrant dans son contexte originel (anecdotes, etc.)...
Une chronique qui se veut 100% "passionnée" et "nostalgique" et qui nous l'espérons, vous fera réagir par le biais des commentaires ! ......
Bon voyage !


La fin des années 1970 a permis à AC/DC de s’imposer comme l’une des formations majeures du hard rock. Le groupe des frères Young a alors enchaîné plusieurs albums plutôt réussis, parmi lesquels Let There Be Rock paru en 1977. Il comprenait, outre le morceau éponyme, de futurs hymnes tels que Problem Child ou Whole Lotta Rosie et peut être considéré comme leur premier chef d’œuvre. Cependant AC/DC ne connaîtra véritablement la consécration que deux ans plus tard, avec la publication de Highway to Hell. Cet album, marqué par l’arrivée de Robert John « Mutt » LANGE à la production, en remplacement de George YOUNG qui avait réalisé les albums précédents, est rapidement devenu un classique du Hard Rock.

L’album comporte de nombreux standards énergiques parmi lesquels Touch Too Much, If You Want Blood (You’ve Got It), Shot Down in Flames, sans oublier le morceau éponyme qui demeure le titre le plus célèbre du répertoire d’AC/DC. De telles plages se caractérisent par leur efficacité, due notamment à des refrains très rapidement mémorisables. Le groupe australien démontre ainsi à nouveau son talent à créer des classiques immédiats. Sans doute moins connu, Walk All Over You se révèle tout aussi remarquable, notamment par la première mesure du riff d’intro où quelques notes suffisent à créer un climat de tension.
Superbe album, Highway to Hell présente toutes les caractéristiques du succès d’AC/DC, avec en premier lieu l’inoubliable voix haut perchée de Bon SCOTT. Le chanteur hurle ses paroles, prenant un plaisir non dissimulé à interpréter des textes souvent salaces ou, du moins, évoquant le sexe avec beaucoup d’humour : ainsi Girls Got Rhythm est consacré à des filles qui « tiennent la cadence ». L’interprétation de SCOTT contribue largement à la bonne humeur procurée par le hard rock d’AC/DC.

Le succès d’AC/DC s’explique également par le jeu des guitaristes Malcolm et Angus YOUNG. Quand elles ne sont pas tout simplement doublées, leurs parties rythmiques se révèlent souvent très proches et constituent des riffs imparables en powerchords, reposant fréquemment sur des rythmes syncopés ou utilisant des contretemps. Ils répéteront cette formule durant toute leur carrière, obtenant ainsi un succès qui ne s’est pratiquement jamais démenti, tout en utilisant quasiment toujours des accords basiques. La puissance des riffs apparaît d’autant plus remarquable que Malcolm et Angus les interprètent sans fioriture. Selon une des ses formules fétiches, Angus « [n’est] pas un mec à effets ». De fait, une distorsion Heavy suffit généralement à la création du son des guitares.
Par ailleurs, Angus s’inspire très largement du blues, ce qui explique que certains morceaux présentent une orientation qu’on peut qualifier de hard blues. Cette tendance apparaissait déjà sur les disques précédents, notamment au détour de Dog Eat Dog ou Sin City, extraits respectivement de Let There Be Rock et Powerage. On la retrouve ici sur le mid-tempo Night Prowler qui clôt l’album. Les influences du benjamin des frères YOUNG s’expriment également par ses solos. Les plans interprétés par Angus sur Highway to Hell semblent les plus représentatifs de son style bluesy.

On peut difficilement traiter de la musique d’AC/DC sans évoquer le jeu de scène d’Angus YOUNG . Les Australiens sont fréquemment associés à l’uniforme de collégien porté par leur guitar-hero, ceci sur une suggestion de sa sœur, selon laquelle cet accoutrement conviendrait bien à sa petite taille. Angus se déchaîne, bondit, effectue son fameux duck walk et n’hésite pas à sacrifier à un rituel qu’il a développé sur le long boogie The Jack, en l’occurrence un… strip-tease !
Dès le début de leur carrière, les Australiens ont fréquemment été mis à l’index, accusés d’encourager un mode de vie décadent, fondé sur une forte consommation de drogues et une sexualité débridée, notamment en raison des innombrables aventures prêtées à Bon SCOTT. Cette réputation a pu contribuer au choix de la pochette, sur laquelle Angus YOUNG apparaît coiffé des cornes du Diable. Les « autoroutes de l’enfer » évoquées par l’album n’ont fait que renforcer l’image du groupe auprès des milieux bien-pensants. Cependant, on peut difficilement leur prêter de telles intentions. Les thèmes apparaissant sur Highway to Hell semblent plutôt refléter l’état d’esprit et l’humour d’AC/DC.
Malheureusement, ce titre d’album devait se révéler un mauvais présage. En février 1980, Bon SCOTT serait retrouvé mort à l’arrière d’une voiture, victime d’un coma éthylique. Ce drame aurait pu mettre fin à la carrière d’un groupe qui venait d’atteindre les sommets, mais les membres survivants engagent rapidement Brian JOHNSON au micro. Ce chanteur, alors membre de GEORDIE, était admiré par Bon SCOTT qui avait émis le souhait qu’il le remplace au cas où il lui arriverait malheur. Contre toute attente, AC/DC publie la même année Back in Black, album du même acabit qu’ Highway to Hell. Si les fans endurcis sont toujours orphelins de Bon SCOTT, Brian JOHNSON a été bien accueilli par le public, au point qu’il est resté fidèle au poste pendant pas moins de trente ans. Trente années durant lesquelles cette formation majeure est demeurée, à quelques exceptions près, au sommet.


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Chouman
Date de publication : mercredi 2 mars 2011