19 / 20
05/05/11
The octopus
AMPLIFIER
 
2 heures de musique, 16 compositions... Le 3ème et nouvel album, double, du trio anglais d'AMPLIFIER, est tout simplement tentaculaire ! Sal BALAMIR (guitare / chant), Matt BROBIN (batterie) et Neil MAHONY (basse), entourés de nombreux autres artistes, dont un trompettiste, ont choisi d'autoproduire The Octopus. D'une élégante simplicité, le contenant, en noir et blanc, contraste avec le contenu, un éc(h)osystème musical où tout se bouscule comme des molécules agitées dans un tube à essai lors d'une réaction chimique ! Un véritable vivier, dont la vie est résolument Rock, voire Post-Rock si ce terme veut encore signifier quelque chose pour vous. Point de comparaisons, d'étiquettes à apposer ici (hormis les petits autocollants représentants l'octopode, pieuvre ou argonaute illustrant l'artwork, livrés avec l'album, à coller partout où le coeur vous en dit). Mais des ambiances et des séquences bombardées au gré des compositions, autant de faux-semblants stylistiques, qui selon votre culture musicale, vous font entrevoir, en des flashs éblouissants, la musique d'un PINK FLOYD, d'un ARCADE FIRE, d'un LED ZEPPELIN, d'un RUSH, d'un PORCUPINE TREE... AMPLIFIER ne s'est imposé aucune barrière, balayant l'horizon du Rock, tour à tour progressif, psychédélique à une Pop tellurique, voire un Hard / Heavy grognant sa rage dans un son volontairement typé période Grunge. Mais encore une fois, rien n'est définitif, rien n'est sclérosé, ces empreintes ne donnant qu'une piste du cheminement de l'album. Eclectique, The Octopus vous griffent le corps et l'esprit, en d'incessantes vagues déferlant au gré d'une guitare exaltée, d'une rythmique explosive, exubérante, breaks posés à l'envie ici ou là, qui laissent s'épancher toute l'énergie du groupe, mêlant sections instrumentales et parties chantées. Au milieu de cette densité harmonieuse, comme pour se laisser le temps de reprendre son souffle (et à l'auditeur aussi !), AMPLIFIER calme le jeu, déroulant des parcelles assagies, plus sereines, quelques notes dépouillées de toute velléité électrique.
Cet album, dans son expression, libre de toutes contraintes, et ses développements tactiles et empiriques, comme autant de tentacules, demande un temps d'écoute prolongé et une concentration d'une constance sans faille. Mais quel plaisir à se laisser harponner de la sorte ! The Octopus, colosse bicéphale, ne s'apprivoise pas, c'est lui qui vient à vous !

Ben
Date de publication : jeudi 5 mai 2011