16 / 20
26/06/13
Unzerbrechlich
MYSTIGMA
 
En dépit d’une carrière plus que respectable – près de vingt ans – MYSTIGMA, ou TEARS OF MYSTIGMA avant 2005, n’avait, en 2010, réalisé que trois LP et deux EP. Le quartette allemand nous revient en décembre 2012 avec un single, Tiefes Rot, annonciateur de la publication, quelques mois plus tard, de Unzerbrechlich. Selon le descriptif fourni par le label Echozone, l’album coïncide avec un nouveau style, marqué notamment par l’emploi, sur près de la moitié des plages, de la langue de Goethe.

Pour dépeindre le disque, la référence au Dark Rock, courant manifestement prisé de nos amis d’Outre-Rhin – le superbe Spätsommer (2012), de MUNDTOT, peut en témoigner – semble incontournable. Élément essentiel du son de MYSTIGMA, les claviers réunissent en effet les principales caractéristiques du genre, se révélant à la fois oppressants et mélodiques (Bloodline). Ils confèrent en outre un aspect anxiogène à Razorspirit, titre de fort ascendant Cold Wave à l’efficacité diabolique. Son premier couplet met en évidence les références littéraires du chanteur et parolier Torsten BÄUMER : la formule « doors of perception », déjà utilisée par Jim MORRISON pour baptiser son groupe, renvoie à l’ouvrage d’Aldous Huxley. En matière de textes, nous relevons les habituels thèmes mélancoliques, illustrés par des vers tels que « Den Himmel hast du dir tiefschwarz gemalt » (Erinner Dich). Un dernier argument en faveur du Dark Rock réside dans la voix grave et le registre solennel propres à Torsten (Uhrwerk Stille), ce dernier étant à l’occasion soutenu par les chœurs de Ellina HELL et du producteur Peter PAULIKS (A Thousand Rains).

Quoiqu’importantes, ces influences n’excluent pas des colorations typiquement Heavy, généralement apportées par les guitares de Jörg BÄUMER qui, également claviériste, contribue donc largement aux nuances de l’album. Ainsi, sur Razorspirit, les guitares évoquent immédiatement le Metal ; conjuguées au chant, elles ramènent Bloodline dans le giron du Hard Rock. Pretending Cross s’affranchit quant à lui des influences électroniques, pour s’aventurer dans un Thrash Metal parfois paré d’atours symphoniques. Enfin, les musiciens proposent une reprise du Rebell Yell de Billy IDOL, qui s’inscrit dans la même optique que leurs compositions : des aspects New Wave y cohabitent avec les seuls solos de Unzerbrechlich. Constitué de titres généralement réussis, celui-ci apparaît très intéressant. Je formulerais cependant une légère réserve, le morceau-titre se révélant curieusement moins inspiré que les temps forts de l’album, en tête desquels figure, selon moi, Razorspirit.

MYSTIGMA :

Torsten BÄUMER : Chant
Jörg BÄUMER : Guitares / claviers
Stephan RICHTER : Basse
Malte HAGEDORN : Batterie
Chouman
Date de publication : mercredi 26 juin 2013