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23/05/15
Long road made of gold
KAMCHATKA
 
Long Road Made Of Gold est déjà le sixième album du trio suédois depuis 2005. Le groupe a incorporé au poste de bassiste Per WIBERG au moment de l'album précédent (The Search Goes On, sorti en 2013) ; il faut dire que l'ancien claviériste de OPETH (toujours actif au sein de CANDLEMASS et SPIRITUAL BEGGARS) avait déjà oeuvré au côté du guitariste et chanteur Thomas ANDERSSON au sein de KING HOBO (un album sans titre paru en 2008). Adossés au jeu précis, nerveux et riche en mouvements du batteur Tobias STRANDVIK, les deux compères s'en donnent à cœur joie dans un registre Hard 70's qui paraît ici beaucoup plus naturel et maîtrisé que chez la plupart des groupes rétro actuels.

Per WIBERG développe un son énorme et tendu qui sous-tend et renforce les riffs secs de ANDERSSON. Adossé à une section rythmique qui parvient à combiner lourdeur et groove, celui-ci peut se lancer dans des solos incisifs et incendiaires sans que le son global ne perde en puissance ni en intensité. Cette assise très solide, voire tranchante au rayon des riffs, est renforcée par le mixage et le mastering de Russ RUSSELL, plus connu pour son travail dans le Metal extrême (avec notamment DIMMU BORGIR, THE EXPLOITED, NAPALM DEATH...). Si groupe perd un peu en chaleur, il gagne en précision.

Par ailleurs, ces fondations inébranlables lui permettent de développer considérablement ses amours pour le Blues, le Boogie : banjo, guitare slide, piano façon honky tonk... autant d'éléments qui enrichissent considérablement la palette sonore proposée par KAMCHATKA. Cet agencement magnifique de Rock nerveux et lourd et de Blues et de Boogie renvoie à une kyrielle de formations prestigieuses des années 70 ; on songe notamment et en vrac à HUMBLE PIE (Boogie Rock teigneux), CACTUS (pour le Boogie lourd), BAD COMPANY (pour le groove un peu nonchalant), TRAPEZE et le DEEP PURPLE circa 1974-1975 (pour le groove tendu et ce zeste Funk Soul dans certaines rythmiques), GRAND FUNK RAILROAD et BACHMAN TURNER OVERDRIVE (ces rythmiques lourdes!).

Autre élément qui permet au trio de se situer au dessus du lot : le chant de ANDERSSON, clair, tout juste un peu voilé, à la fois chaleureux et altier, ample et non démonstratif. Il y a quelquefois un je ne sais quoi qui évoque Chris CORNELL (SOUNDGARDEN), voire David COVERDALE, c'est dire...

A l'heure où des formations comme RIVAL SONS et BLUES PILLS accèdent à une certaine notoriété, il serait on ne peut plus légitime que KAMCHATKA recueille un peu plus d'attention. La formation n'est pas seulement une machine à revivifier le glorieux passé du Rock dur 70's mais bien une entité capable de composer des titres mémorables et attachants.
Alain
Date de publication : samedi 23 mai 2015