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Reportage :  Interview MADE IN JAPAN - DEEP PURPLE LEGACY au festival Tribute Nights à Fargues-Saint-Hilaire (33) - 4 avril 2026
( MADE IN JAPAN - DEEP PURPLE LEGACY )
Date de publication : 19/04/2026
Auteur : NOCTUS
MADE IN JAPAN - DEEP PURPLE LEGACY
John HELFY : batterie
Chris BABIN : basse
Morgan MARLET : chant
Rudy ROBERTS: guitare
Dimitri HALASZ ORGAN : claviers

NOCTUS (N) : Bonjour, samedi 4 avril 2026, Metal Intégral, interview du groupe MADE IN JAPAN (MIJ) qui va se produire ce soir au Tribute Nights à Fargues-Saint-Hilaire, à côté de Bordeaux.
MIJ : Bonjour !

N : Comment arrive-t-on à réunir un line-up tribute de DEEP PURPLE ? Faut-il nécessairement partager la même passion pour ce groupe ?
MIJ : Oui quand même. C’est venu comme ça, avec une première personne contactée parce qu’on partageait cette passion. Ensuite le groupe s’est construit petit à petit avec des musiciens qu’on connaissait déjà ou qu’on avait rencontrés sur d’autres projets. Puis il y a eu une vraie recherche de personnes compatibles musicalement et humainement. Pour les claviers, par exemple, le musicien a été choisi surtout pour sa grande culture musicale et sa capacité à s’adapter, même s’il n’était pas forcément à fond dans DEEP PURPLE au départ. Il y avait quand même déjà une base, quelques albums connus dans son environnement familial, donc une certaine ouverture à cet univers. Pour le chant, le premier chanteur prévu n’est finalement pas venu, donc un autre a été contacté après une rencontre sur un autre projet musical. Et ça s’est fait naturellement.

N : MADE IN JAPAN existe depuis 2022 ?
MIJ : Oui c’est ça.
N : Est-ce que vous avez d’autres formations à côté ou est-ce votre groupe principal ?
MIJ : On a tous d’autres projets, mais pas ensemble. MADE IN JAPAN, c’est une récréation ! On est tous musiciens professionnels, mais dans des styles différents : rock, PINK FLOYD, rock celtique, etc… Certains jouent aussi dans des groupes de reprises ou des projets très différents, parfois même des musiques pour enfants.

N : Est-ce qu’il y a des morceaux de DEEP PURPLE techniquement difficiles à interpréter ? Et comment vous surmontez ces difficultés ?
MIJ : Oui, tous les morceaux ont leur difficulté. C’est compliqué parce que DEEP PURPLE est un groupe très basé sur le live et l’improvisation. Ils ne jouent jamais deux fois la même chose. Même sur les enregistrements de concerts célèbres, les versions changent énormément d’une soirée à l’autre. Donc on ne peut pas se contenter des versions studio. On doit construire des structures, mais il y a toujours des imprévus. Il faut donc très bien se connaître et être à l’écoute les uns des autres. Il y a des éléments incontournables comme les mélodies et certains solos, mais beaucoup de liberté autour.

N : Est-ce qu’il faut coller à l’original ?
MIJ : Oui et non. Il faut respecter les éléments essentiels, comme les solos, les lignes principales et le son du groupe. Mais DEEP PURPLE a eu plusieurs formations, plusieurs guitaristes, plusieurs styles, donc tout varie. Même un même morceau joué par deux guitaristes différents ne sonne pas pareil. Si on copie trop strictement, ça devient plat et sans vie. L’idée est donc de garder l’esprit et de laisser une part d’interprétation.

N : Vous êtes donc plus dans l’interprétation que dans la reproduction exacte ?
MIJ : Oui. On garde l’esprit de DEEP PURPLE, pas une copie exacte.

N : Si on fait juste du copier-coller, ça devient vite plat. Vous, vous apportez quelque chose en plus avec le live, non ?
MIJ : Oui, complètement. On ne peut pas faire du copier-coller avec ce genre de musique, sinon ça ne fonctionne pas. Ça devient sans âme. Le fait de jouer en live, d’apporter notre propre énergie, c’est essentiel. C’est ça qui donne du sens à ce qu’on fait.

N : Justement, par rapport aux tribute bands, qui surfent parfois sur une forme de nostalgie, avec nos groupes préférés au crépuscule de leur carrière, est-ce que ce n’est pas un énorme créneau à prendre?
MIJ : Alors en réalité, ce créneau existe déjà depuis longtemps. Moi, par exemple, je jouais en
Belgique il y a une quinzaine d’années, et les festivals de tribute bands étaient déjà très développés là-bas. En France c’est arrivé plus tard, mais en Belgique ou en Allemagne, ça fait longtemps que ça existe. Aujourd’hui, ça se démocratise beaucoup, mais ailleurs c’était déjà bien installé.

N : Avez-vous un petit truc en plus ?
MIJ : Oui, parce que notre projet vient d’une histoire personnelle. On a la chance d’avoir un lien
direct avec DEEP PURPLE. Ce n’est pas juste “on fait un tribute parce que ça marche”, il y a une vraie histoire derrière.

N : Justement, avez-vous rencontré vos idoles ?
MIJ : Oui, du coup ! Moi (John, le batteur), il y a une quinzaine d’années, je travaillais sur un spectacle autour de la batterie. C’était une sorte de récit avec démonstrations, mais accessible, pas technique. En 2012, quelqu’un a parlé de ce projet à Ian PAICE (le batteur de DEEP PURPLE), et il m’a contacté pour me rencontrer.
N : Sérieusement ?
MIJ : Oui ! Je l’ai rencontré dans les loges d’un Zénith en France après un concert. Ensuite, on est restés en contact pendant plusieurs années. À un moment, je lui ai proposé de venir voir mon
spectacle… et il a accepté.
N : Incroyable !
MIJ : Oui, et pour l’occasion, j’ai monté un groupe avec des amis musiciens. On a joué devant lui, puis il est monté sur scène après… c’était un moment incroyable, le public était en feu. C’est vraiment comme ça que le groupe est né.

N : Et la suite ?
MIJ : On a ensuite développé le projet en groupe. On a enregistré un live, qu’on a fait écouter à Steve MORSE. Ian PAICE aussi l’a écouté, et il nous a même fait une vidéo où il dit qu’il est fier qu’on fasse vivre l’héritage de DEEP PURPLE. C’est pour ça qu’on s’appelle MADE IN JAPAN - DEEP PURPLE LEGACY, pour nous, c’est vraiment une transmission, pas juste une reprise.

N : Très belle histoire ! On va finir sur la musique : vos albums préférés de DEEP PURPLE, et un album sous-estimé ?

Chris (bassiste) : Mon premier album, c’était In Rock, mais il ne m’a pas marqué tout de suite. Par contre, Perpendicular, lui, m’a vraiment touché. C’est celui qui m’a fait revenir à toute leur discographie. Et pour un album sous-estimé, je dirais The Battle Rages On. Il n’est pas assez reconnu alors qu’il est excellent.

Morgan (chanteur) : Oui, je suis d’accord. Moi aussi je trouve que The Battle Rages On est sous-estimé. C’est un des rares albums que j’ai acheté avant même de connaître les anciens.

Dimitri (claviers) :
Moi, je connais moins bien toute la discographie, donc je n’ai pas forcément d’avis précis

N : Vous parliez du son de DEEP PURPLE : Il y a aussi toute une esthétique liée aux époques, non ?
Dimitri : Oui, complètement. Moi, j’ai grandi avec les disques de mes parents, et ce qui me marque surtout, c’est le son des années 70. C’est une esthétique très particulière, très analogique, avec une vraie identité. Après, quand on arrive dans les années 80-90, le son évolue énormément. Il y a de nouvelles technologies, des découvertes… mais je trouve qu’elles ne sont pas toujours utilisées de la meilleure façon.
N  : Tu penses à quoi par exemple ?
Dimitri : Par exemple, les synthés, les sons plus numériques… Ça crée un style, mais moi j’accroche moins. Je suis vraiment attaché à la période Made in Japan, donc début des années 70. Il y a un son unique : la batterie, la basse, les guitares… tout sonne différemment.

N : C’est aussi lié aux instruments ?
MIJ : Oui, totalement. À l’époque, il y avait les orgues avec les cabines Leslie, tout un matériel très particulier. Dans les années 80, tout ça a été remplacé par des synthés plus légers avec plein de sons. C’était une révolution, mais on a perdu une certaine chaleur.

N : Et aujourd’hui, on revient à ça ?
MIJ : Oui, exactement. Comme avec le vinyle : on est passé au CD, puis on revient au vinyle.
Les gens recherchent de nouveau de l’authenticité, une chaleur du son qu’on ne retrouve pas
toujours dans le numérique.

N : Et toi, tes albums clés de DEEP PURPLE ?
John (batteur) : Moi, j’en ai trois.
In Rock, parce que c’est une étape majeure du groupe
Made in Japan, qui reste pour moi une référence absolue en live.
Perpendicular, qui m’a vraiment marqué plus tard
N : Pourquoi In Rock t’a marqué ?
Je l’ai découvert en vinyle, et le début de Speed King, c’est un choc.
Je me suis dit : en 1970, les gens ont dû prendre ça en pleine figure. C’était violent, nouveau,
incroyable.

N : Et Made In Japan ?
John : C’est le live ultime pour moi. Quand on pense au peu de matériel qu’ils avaient à l’époque, le résultat est impressionnant.

N : Des albums sous-estimés ?
John : Il y en a beaucoup. Par exemple Fireball : tout le monde connaît certains morceaux, mais l’album est souvent oublié
Et même dans les plus récents, comme Infinite, il y a des choses excellentes.

N : D’autres avis ?
Rudy (guitariste) : Moi, je dirais surtout In Rock, c’est mon album de jeunesse.

N : Moi, j’aime beaucoup Made In Japan et Machine Head. Et j’ai aussi un faible pour Perfect Strangers.
John : Oui, Perfect Strangers a marqué beaucoup de gens dans les années 80.
Après, personnellement, je trouve qu’il est un peu moins créatif, même s’il reste très bon.

N : Et aujourd’hui, vous pensez pouvoir jouer aussi longtemps qu’eux ?
MJC : C’est impressionnant de les voir encore sur scène. Certains arrêtent à cause de problèmes de santé, mais ils ont tenu très longtemps. C’est assez incroyable.

N : Merci beaucoup pour cet échange !
MIJ : Merci à toi.
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Pumpkin-T Le mardi 21 avril 2026

Ville : MARSEILLE
Merci Noctus et MIJ pour cet intéressant échange. Je partage l'avis majoritaire : Deep Purple In Rock et Made in Japan sont les incontournables. Quelles claques sont Speed King et Child In Time ! Mais comment ne pas se prosterner devant ce chef d'oeuvre qu'est Highway Star... l'invention du speed metal :D Quantaux groupes de reprises je suis très bon public et très respectueux de la passion qu'ils entretiennent et de l'opportunité qu'ils offrent aux jeunes générations de déguster ces anciens répertoires en live. Dans la musique classique, viendrait-il à quelqu'un l'idée de critiquer tel ou tel orchestre parce qu'il ne joue "que" des reprises de Mozart ou Vivaldi ?
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