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Passage à la vitesse supérieure
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Mi-2022 j’avais chroniqué Without A Trace, le premier LP de MISTY ROUTE, alors qu’il était sorti 8 mois auparavant - un repêchage indispensable au vu de la qualité de l’oeuvre. Notez que l’album initialement publié en autoproduction a depuis intégré le catalogue de Bitume (route, bitume… ça fait sens). Bref, depuis 4 ans, j’attendais une suite. Hélas, lorsque j’ai enfin écouté cette suite mes attentes étaient sans doute trop hautes car j’ai été un peu déçu. Cela ne vous arrive jamais à vous ? Je m’étais dit : « Mouais, on verra plus tard... » Depuis, je me suis repenché attentivement sur Ethos et mon premier jugement s’en est trouvé clairement révisé.
Je sais ce qui expliquait mon hésitation : j’avais moyennement aimé le morceau d’ouverture. En effet, Hail commence par un énorme riff mid-tempo, excellemment bien appuyé par une basse qui claque, sur lequel s’accroche la voix de Lefteris plus basse que d’habitude et ça rend vraiment très bien. Aïe ! à 1’11 arrive un refrain mélodique, trop mélodique, insupportablement mélodique et, qui plus est, doublé par des chœurs suaves. « Mec, ce refrain plante une composition qui aurait pu être super ! » Mais quel dictateur suis-je pour clouer au pilori une chanson, au prétexte que le refrain n’est pas celui que j’aurais senti ? D’autant qu’au fil des écoutes, je commence à m’habituer à ce refrain, même s’il reste trop facile à mon goût. Et puis, si ça se trouve, vous allez écouter ce morceau et vous trouverez ce refrain magnifique. Eh oui, c’est ça la subjectivité en musique : ne croyez jamais ce qu’un chroniqueur raconte, écoutez et faites-vous votre propre opinion. Objectivement, Hail est un morceau bien construit, parfaitement interprété, avec une production claire et puissante, et puis le solo final est de toute beauté… Allez, suivant ! Là encore, j’hésite... Last Night’s Dream, à la fois par ses accords et son tempo, par la fréquence de saccade du riff, par le placement du chant me rappelle trop le précédent titre. J’ai l’impression d’être toujours dans la même chanson et cela me gêne. Bon, de mon point de vue de petit dictateur, il n’aurait pas fallu accoler ces deux titres. Pour autant, le chant est vécu avec passion et me fait lever les poils par moment – un genre de James HETFIELD en mieux. Sans compter que le petit décrochage à 2’11 est trop bien vu, de même que le court pont de basse qui introduit un solo lumineux. Un bon morceau, quoi. Born With A Price Tag attaque plus sérieusement, se développe en une mélodie assez douce plutôt agréable, et puis à partir de 3’50 les idées de génie s’enchaînent : le break poétique avec la guitare légère, la frappe du riff massif, le retour à la double grosse caisse, puis l’explosion en pur thrash. Waouh, je kiffe ! Dépaysement total avec l’ambiance ethnique dans les chœurs de Blind God. Est-ce un chant amérindien traditionnel sur lequel se greffe un heavy metal thrashy ? Quel morceau ! Les paroles sont simples, limpides et dérangeantes. Evidemment, le texte associé à cet environnement musical me fait penser au génocide sur lequel se sont bâties les USA mais c’est transposable à des conflits actuels. La cinquième plage, No Destination est également splendide. Mêlant un rock progressif très mélodique (sur lequel le petit dictateur en moi aurait adoré entendre un solo de flûte traversière) a un modern metal qui tape très fort. L’équilibre est parfait, la construction est millimétrée. Du grand art ! Décidément plus l’album avance, plus j’aime ce que j’entends. The Corridor prend la suite avec classe. Là encore, une ligne de chant magnifique aussi mémorisable qu’un hit folk, et un accompagnement tout en douceur… jusqu’à ce que la tempête ne s’abatte sur l’auditeur, autant à travers la guitare massive que via la voix qui se métamorphose avec brio. Quoi de mieux qu’une intro à la basse qui gronde pour faire germer un riff teigneux ? Freedom nous offre ce plaisir. En plus, à mi-chemin, la basse revient faire son show au premier plan pendant un solo planant, histoire de renouveler l’émotion une nouvelle fois. Le dernier titre ne rigole pas ! Dictator clôture l’album en beauté jonglant avec plusieurs atmosphères dans un style très moderne. Le petit dictateur en moi se la boucle et apprécie celui du trio.
Je vous le dis tout net : MISTY ROUTE sort grandi de ce nouvel album. Je retrouve dans Ethos une saveur de thrash et de heavy metal transposée dans un univers plus complexe que les versions traditionnelles. L’approche musicale est novatrice, sombre et poétique. Dépêchez-vous d'acheter l'album, d'autant que l'objet lui-même est super beau grâce à l'illustration de couverture signée Manthous STERGIOU de Manster Design qui a fait un travail remarquable.
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● Membres actuels
MISTY ROUTE est composé de : - Lefteris SAATSAKIS , guitare et chant ; - George Armando KONOMI, basse ; - Konstantinos KALOUDIS, batterie.
● Discographie principale
- 2021 : Without A Trace - LP chroniqué ici ! ; - 2026 : Ethos - LP.
● En écoute ici
Extraits de Ethos : - Blind God : Cliquez ici !
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