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Chronique
DREADNOUGHT IN THE POND - 0=1

Style : Prog Heavy / Prog Metal / Prog Rock
Support :  MP3 - Année : 2021
Provenance du disque : Reçu du label
9titre(s) - 48minute(s)

 (18/20)

Auteur : Pumpkin-T
Date de publication : 24/05/2021
L'éclectisme au service de la créativité
Coller une étiquette au travail de ces ukrainiens de Ternopil s’avère particulièrement compliqué. J’y ressens cette frénésie créatrice qui caractérise les premiers PINK FLOYD, Robert FRIPP, PRIMUS, MARS VOLTA, QUEEN OF THE STONE AGE – le qualificatif consacré étant « expérimental ». Le son emprunte clairement à l’univers du stoner par le recours aux distorsions extrêmes et à celui du rock psychédélique par la multitude d’effets de type réverbération, flanger, phaser et même sons à rebours. Quant à l’architecture des morceaux, elle repose autant sur des boucles que sur des changements rythmiques. Je qualifierais la musique de DREADNOUGHT IN THE POND de stoner prog psyché expérimental. Dans cet éclectisme sonore, le chant n’est pas un élément central : souvent mixées en arrière-plan, les voix sont elles-mêmes sujettes à d’intenses variations et filtres pour gagner en intentions cauchemardesques.

En comparant de multiples mythologies, Lord RAGLAN publie en 1936 une grille de 22 points fréquemment relevés dans la vie des héros et dieux de l’Antiquité (grille que l’on peut utiliser comme indice pour savoir si un personnage est historique ou mythologique). En 1946, Joseph CAMPBELL vulgarise une théorie proche dans son ouvrage : le Héros aux mille et un visages. Il y définit le concept controversé de monomythe selon lequel les grands mythes issus de l’imagination humaine répondraient à un scénario universel. 0=1 est un concept album qui traite de cette théorie. L’illustration de couverture représente d’ailleurs les étapes de l’archétypique voyage du héros selon CAMPBELL.

Je vais vous donner ma propre version de l’aventure que racontent les 9 plages de l’album.

Un combat de distorsions sur une rythmique proche du chaos, une éclaircie à la guitare aérienne et aux notes angéliques, le Prelude me présente le héros, celui qui a foi dans la voix qui parle dans sa tête et qui s’en va par monts et par vaux, mener sa quête.
Like Butterflies démarre sur un riff punk, puis la basse sèche plante un ostinato repris par la guitare. Viennent alors les voix acides et spectrales qui résonnent, laissent échapper des cris déchirants. Mais il se sent fort, il sait qu’il peut accomplir de grandes choses et changer le monde.
Un gros riff de stoner s’installe dès le début de The Battle et mange tout l’espace de sa présence pachydermique. Le flux sonore s’allège pour permettre à la voix de s’exprimer avant de sombrer dans une profonde folie. Un break de batterie permet un retour du riff encore alourdi et de la voix, encore plus déjantée : le héros a un grave problème, la bataille est musclée.
Une jolie ligne de basse claire entame On The Bottom, bientôt harcelée par de lointaines guitares. Le chant plaintif assombrit rapidement l’ambiance qui dégénère mesure après mesure. Le héros est au fond du gouffre après une bataille dont il ignore l’issue.
Thème central de 10 minutes instrumentales, When You Pass Away est une explosion de sensations pour décrire la mort du héros puis, dans Breathe, sa résurrection. Hero est un nouvel instrumental plus fougueux, plus déterminé, plus puissant. A présent, notre héros, est devenu mythique et prend sa place au-dessus de l’Homme comme une sorte de messie. Ne serait-ce pas ce que nous raconte Enlightenment ? Le cercle est bouclé et avec l’Outro, la guitare sèche nous ramène dans le monde simple des Hommes.

Une fois ce contexte posé, le titre 0=1 me paraît quant à lui faire référence à la dualité de l’univers : le visible et l’invisible, le connu et l’inconnu, le stable et l’instable… qui renvoie à une conception taoïste du monde.

OK, je redescends sur Terre. Donc, pour parler musique, cet album que je prends grand plaisir à écouter est à la fois intellectuel (0) et directement émotionnel (1), abstrait (0) et figuratif (1). Son écoute est en tout cas une très intéressante expérience. À vous de vous faire votre propre histoire, je vous laisse les clefs.



DREADNOUGHT IN THE POND est composé de :
- Dimond PEACHCOLE – basse et chant ;
- Remco TZUKERMAN – guitare et chant ;
- Roman KUZ – batterie et percussions.



0=1 album complet : Cliquez ici
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