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Chronique
ENCHANTMENT - Cold soul embrace

Style : Dark / Gothic / Doom / Stoner
Support :  MP3 - Année : 2022
Provenance du disque : Reçu du label
8titre(s) - 43minute(s)

Site(s) Internet : 
ENCHANTMENT BANDCAMP
ENCHANTMENT FACEBOOK

Label(s) :
Transcending Records
 (15/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 25/06/2022
Résurrection d'un passé lointain
Le groupe britannique de Doom Death Metal ENCHANTMENT n’enfanta initialement qu’un seul et unique album, paru en 1994 chez Century Media : Dance The Marble Naked. A l’époque, travaillant pour un magazine Metal, cet album créa un hiatus avec certains collègues opérant pour d’autres publications. Résumons la querelle (amicale) : ils considéraient Dance The Marble Naked comme un opus de premier ordre, là où j’entendais un disciple appliqué et habile, quoique peu novateur. Remettons tout ceci dans son juste contexte. Le Doom Death émergea alors dans un contexte britannique, via les précurseurs gravitant autour du label Peaceville : PARADISE LOST, puis MY DYING BRIDE et enfin ANATHEMA entreprirent de fixer les codes du genre : des vocaux gutturaux et caverneux, des guitares rythmiques massives, des sections rythmiques monolithiques, des ambiances certes pesantes mais également gothiques et tourmentées.

A la parution de Dance The Marble Naked, il est à noter que la sainte trinité du Doom Death de sa Majesté se donnait d’ores et déjà les moyens d’évolutions notoires. En 1994, PARADISE LOST avait déjà dégraissé et aérer le son global de son Doom Death (les albums Shades Of God et Icon sont passés par là). MY DYING BRIDE se préparait à la maturité, qui adviendra en 1995 avec l’album The Angel And The Dark River. Les benjamins d’ANATHEMA étaient encore loin d’abandonner les sons lourds et caverneux propres à leur style initial, puisqu’ils n’avaient sorti que leur premier album, Serenades, certes référentiel mais objectivement encore fort perfectible.

En 1994, ce triumvirat qui fait rétrospectivement référence se trouvait encore parfois contesté par une certaine critique (pas assez rapide, pas assez efficace, voire bizarre). Qui plus est, la concurrence ne proliférait pas vraiment. Aussi, le fait qu’ENCHANTMENT décroche d’emblée un contrat avec Century Media, publie un premier album en avril 1994, à peine plus d’un an après une première et unique démo quatre titres (plus une intro), laissait présager un génie en devenir ou, plus prosaïquement, une volonté pour le label allemand de ne pas laisser des concurrents britanniques (Peaceville, puis Music For Nations) préempter un sous-genre en gestation. Etant à l’époque journaliste dans la presse Metal, j’assistai à un phénomène étrange et agaçant : certains confrères qui avaient tant moqué les débuts de PARADISE LOST (quels commentaires acerbes sur le son boueux, sur les vocaux ultra-caverneux et même sur les interventions vocales féminines ponctuelles) louangeaient à l’extrême ENCHANTMENT.

Tout cela pour vous dire que Dance The Marble Naked offrait en quelque sorte une opportunité de se rattraper à peu de frais pour les plumitifs qui avaient loupé le coche, ainsi que pour les convertis authentiques à la recherche de chair fraîche. J’étais moi-même en quête ardente de ce minerai dépressif et épais ; aussi fus-je un brin déçu par cet album initial. Pourquoi ? Des vocaux gutturaux trop peu maîtrisés, une production globalement trop étriquée et trop limpide, une trop faible présence d’accroches, tant rythmiques que mélodiques. Et pourtant, ENCHANTMENT tentait de combiner lourdeur, relative complexité structurelle (avec à la clé des variations de tempos et de rythmes), ambiances sombres et tourmentées. Je persiste à penser que ce premier album était 100% honnête et dévoué, quoique pour partie inabouti, faute d’un certain recul et d’une certaine maturité. Sans compter que l’esprit d’exploration semblait prématurément dompté, au profit d’un souci d’efficacité et de lisibilité. Sauf que, faute de compositions ardemment attractives et de direction artistique inventive, ENCHANTMENT déroulait une conception efficace, maîtrisée, mais précocement conservatrice du Doom Death. Qui plus est, il n’y eut pas de suite immédiate à cet album inaugural…

Les diverses rééditions de ce premier opus – en 2009 par Peaceville, puis en 2020 par Transcending records – rencontrèrent un succès suffisant pour permettre de replacer le nom du groupe dans le paysage. Ce qui donna envie à quatre de ses membres fondateurs – moins le batteur originel – de donner une existence officielle aux huit compositions qui auraient dû constituer la suite de Dance The Marble Naked. L’intention est louable, quand bien même elle cantonne de facto ENCHANTMENT à son style des années 90. C’est à un exercice de style vintage en matière de Doom Death des années 90 auquel nous nous trouvons confrontés.
Assez logiquement, on retrouve les ingrédients caractéristiques du premier opus. En premier lieu, même si quantité de passages rythmiques adoptent une allure lente et une tournure lourde, le son général demeure particulièrement rêche et tranchant, avec un certain déficit - assumé - en termes d’épaisseur et de lourdeur.

Fort heureusement, les vocaux caverneux de Paul JONES ont gagné en assurance et en solidité, sans toutefois acquérir des particularités extraordinaires. Sur le plan instrumental, le groupe se plaît toujours autant à manier les caractéristiques essentielles du Doom (lenteur et pesanteur) et du Death (pointes de vitesse et intensité rythmique) au sein de compositions qui refusent systématiquement toute linéarité, alternant de multiples séquences variées. Les plans écrasants ou rythmiquement animés demeurent aux avant-postes, au gré de nombreuses variations de tempos et de rythmes. Même si deux titres atteignent ou dépassent le seuil des sept minutes, le groupe parvient systématiquement à mettre en place ce dispositif dynamique. L’austérité générale se trouve judicieusement ponctuée par des plages mélodiques et limpides et par des arrangements de claviers subtils.

A mon sens, Cold Soul Embrace vaut pour sa fidélité à un élan et à une inspiration qui perdurent vingt-huit ans après leur première concrétisation. Pour autant, le Doom Death ne s’en trouve pas redéfini pour autant et nous tenons avant tout un album solide, incarnant à merveille l’esprit de persévérance.

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