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Chronique
CORNUCOPIA - Songs for unfortunate times

Style : Dark / Gothic / Doom / Stoner
Support :  MP3 - Année : 2026
Provenance du disque : Reçu du groupe
8titre(s) - 42minute(s)

Site(s) Internet : 
CORNUCOPIA BANDCAMP
CORNUCOPIA FACEBOOK

Label(s) :
L'Ordalie Noire
 (17/20)

Auteur : Pumpkin-T
Date de publication : 02/07/2026
La dualité de la force et de l’obscurité
N’oublions pas que le doom metal est un genre sourcé dans l’œuvre 70s de BLACK SABBATH puis décliné du heavy metal des années 80. Ce n’est pas une rupture mais une évolution qui part des composés originels (riffs, puissance rythmique, saturation des guitares) et les tort en bougeant quelques curseurs : ralentissement du tempo et accordage bas pour plus de lourdeur, moins de violence pour plus de noirceur et, bien entendu, des thématiques globalement plus lugubres à l’instar du Jugement Dernier (Doomsday) qui donne son nom au courant.
À noter, que le doom se teintera ultérieurement de plus de psychédélisme et de crasse et débouchera sur le stoner, s’affranchira de l’architecture traditionnelle de composition et lorgnera sur le post-metal, regagnera en agressivité hardcore et dérivera vers le sludge, misera sur l’atmosphérique dépressif et aboutira au funeral doom, etc. … Ce n’est pas le cas ici.

Je viens d’entamer cette chronique par un petit rappel historique pour souligner, dans le cas de CORNUCOPIA, son adhésion à l’esthétique doom originelle (PENTAGRAM, TROUBLE, ST-VITUS…) alliée au respect du format heavy metal traditionnel, tant dans l’instrumentation que dans la dureté des riffs. Bref, des puristes.
CORNUCOPIA ne sort pas de l’œuf et a déjà eu l’occasion d’affiner son art. En effet, vous constaterez que le quartet nantais a en magasin 4 EP plus ou moins longs sortis entre 2021 et 2024 (cf. discographie en bas d’article). Nous voici donc aujourd’hui face à Songs For Unfortunate Times, presque trois quarts d’heure de plaisir Doom et Metal.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne perd pas de temps et attaque son œuvre par le riff pachydermique de Spellbound. Je sens bien cette volonté de miser sur l’énergie lourde au service d’une mélodie en demi-teinte.
C’est toujours une question qui se pose alors je tiens à rassurer mes lecteurs sur un point important : oui, dans CORNUCOPIA, le chanteur progresse, ne se cache plus et ne vient pas fragiliser l’ensemble. Le timbre est agréable, la tessiture est médiane, la mélodie est lisible et posée – un travail très honnête.
J’ignore si c’est parce que la réponse se trouve dans le titre, mais l’influence majeure de Troubled Soul est à l’évidence à chercher du côté de TROUBLE. Ça me fait tellement plaisir de ressentir à nouveau cette vibe transmise avec passion.
Le plus long titre de l’album (7’23), Live For Today continue dans la lourdeur jouissive, un brin mélancolique, un brin désespérée, plongeant même au fond de l’abîme durant les quelques mesures du pont de basse. Ce titre met particulièrement en lumière la technique hypnotique du riff répétitif mais ce n’est pas le seul, Clean All My Beliefs en est un autre exemple criant.
Plus éthérée, l’intro d’Eternity Screams apporte une brève respiration avant que le titre ne renoue avec ce mélange de force et d’obscurité caractéristique du quatuor.
Une basse-terminator entame Obscure Side Of Time. Le temps est venu de goûter un bon solo de guitare et, bien que je n’en aie pas encore parlé, sur cet aspect aussi le travail est digne. Du point de vue rythmique, le morceau offre quelques stops and go millimétrés du plus bel effet.
Desperation Streets, est toujours lourd mais peut-être le plus heavy metal du skeud. Je souris en imaginant ce titre joué en x2 qui ferait sans doute un excellent morceau de thrash.
Finissons par plus de mystère et d’angoisse. De ce point de vue, The End To Come met le paquet et constitue le final idéal pour cet album.

Pris indépendamment, les morceaux vont de bons à très bons. Mis bout à bout, les titres donnent une œuvre un peu trop monolithique, au risque de créer un sentiment de lassitude par des tempos inscrits dans une fourchette réduite et une succession d’ambiances assez similaires. A mon goût, un prochain album avec un travail d’atmosphère spécifique à chaque titre, quelques surprises de-ci delà dans des variations d’instrumentation ou des ruptures rythmiques apporterait un relief salutaire. Retenez que le potentiel est là, évident, que l’étendard du doom metal est brandit avec conviction, et que Songs For Unfortunate Times va ravir à coup sûr les amateurs de puissance et d’obscurité.

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Bravo les artistes !

CORNUCOPIA est composé de :
- Pierre, guitare ;
- Jean-Guillaume, guitare et chant ;
- Matthieu, basse ;
- Benjamin, batterie.


Classe, la pochette !

L’illustration de pochette est, après re-colorisation, un tableau de 1840 signé John MARTIN qui dépeint la chute catastrophique de l’antique cité de Tyr (Liban). N’y voyez aucun paralléle avec la géopolitique actuelle mais simplement l’expression d’un jugement divin, d’une fin du monde, faisant écho à l’ambiance doom de l’album.


La discographie à creuser

- 2021 : The Reaper - EP 7 titres ;
- 2022 : Less Mercy & More Volume - EP 7 titres ;
- 2023 : Confess For All Your Sins - 2X single ;
- 2024 : The Midnight Hour E.P - EP 5 titres, chroniqué ici ;
- 2026 : Songs For Unfortunate Times - LP.


Rinçons-nous les oreilles

Extraits de Songs for Unfortunate Times :
- Clean All My Beliefs : Cliquez ici !
- Spellbound : Cliquez ici !

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