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Album tout en nuances
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Que de chemin parcouru depuis la parution en 2010 du premier album de ce trio ukrainien (cliquez ici) ! Ce septième album forme un diptyque avec son prédécesseur Songs To Sun (cliquez ici), dont il reprend la formule et l’emmène un peu plus loin encore.
Du côté classique, on tient une formule qui consiste à déployer un schéma rythmique relativement simple pour chaque composition. Pour ce faire, STONED JESUS utilise des lignes de basse tendues, rendues très présentes par un mixage plus globalement puissant et très limpide. Autre élément rythmique, la batterie ne se contente pas de marquer le tempo ; sans ostentation, elle propose des tournures plus complexes, évitant ainsi toute monotonie. Le morceau inaugural Under The Skin possède un impact impérieux et rugueux à la fois. Avec son tempo plus lent, Velvet manie l’art de l’orage qui rôde, sans jamais éclater tout à fait.
Sur un morceau comme ZYX, STONED JESUS pousse un peu plus loin son schéma de base, en imbriquant des séquences contrastées, selon une logique que l’on serait tenté de qualifier de progressive. En effet, on assiste à une alternance de passages musclés et de séquences plus calmes. Sur cette trame mouvante, la guitare vient déposer des riffs orageux, sans pour autant saturer le spectre sonore, toujours grâce au mixage. L’alliance des trois instruments crée une tension certaine, assurant aux morceaux une dynamique de tous les instants.
Outre les morceaux à la musculature sèche, STONED JESUS explore de plus en plus des tournures toujours plus franchement mélodiques. Le morceau Jackal en est un bon exemple, avec sa guitare en son clair, son chant aussi dépouillé que vibrant ; la charge électrique syncopée n’intervient qu’à un tiers du titre, avec en sus un chant énervé. L’instrumental Syzygy repose sur une guitare acoustique, sous tendue par une rythmique subtile et des nappes de claviers vintage ; saluons au passage la guitare solo chargée de mélancolie. Le morceau le plus long de l’album, Window In My Room, dépasse les huit minutes. Il se présente tout du long en mode guitare acoustique et chant paisible. Contrairement aux attentes, il n’y a pas d’intensification rythmique, la totalité de la composition demeurant dans une posture tout en retenue et en délicatesse. En clôture d’album, One More Empty Day propose une fois de plus un schéma à base de guitare acoustique, avec un chant passionné.
Le chant, venons-y, est une preuve que STONED JESUS amplifie encore sa tendance mélodique. S’il sait encore se faire menaçant, il adopte souvent un registre clair, dans un registre médium tendant vers le grave. Parfaitement modulé, il charrie des sentiments largement portés sur la mélancolie. On se surprend parfois à évoquer des vocaux issus de la New Wave des années 80.
STONED JESUS livre-là un album qui fourmille de mélodies prenantes, servies par une interprétation fervente, quoique souvent tout en retenue.
Vidéos de Under The Skin cliquez ici, Jackal cliquez ici et Velvet cliquez ici
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