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Chronique
ACCEPT - Humanoid

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2024
Provenance du disque : Reçu du label
11titre(s) - 48minute(s)

Site(s) Internet : 
ACCEPT WEBSITE
ACCEPT FACEBOOK

Label(s) :
Napalm Records
 (18/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 12/06/2024
Une puissance de feu qui enflamme le palpitant...
Depuis la nuit des Temps et l’empoisonnement de son esprit par le Serpent du Jardin d’Eden, l’Homme s’est toujours cru l’égal de Dieu, pensant qu’il pouvait faire aussi bien que lui, voire mieux, dans l’acte de Création et d’insuffler la Vie dans des corps de diverses compositions, omettant que seule la Source était artisane des âmes. C’est ainsi que durant plusieurs millénaires, dans toutes les civilisations, les alchimistes et les occultistes de toutes confessions et d’origines plurielles s’affairèrent à découvrir le secret de l’existence et tentèrent aussi bien que mal de s’accaparer la science de cette énergie vitale qui nous animent touTEs depuis notre conception dans la matrice. De nombreuses légendes urbaines nous parlent de zombies, de Golem ou de vampires. D’autres, comme Mary Shelley, nous content les péripéties d’un personnage monstrueux, œuvre d’un savant helvète complètement givré, dans le ‘Frankenstein, Prométhée des temps modernes’. Aujourd’hui, nous avons les cloneurs chinois et les ingénieurs japonais et américains, avec la duplication de l’ADN pour recréer des individus à l’aide d’imprimantes 3D ainsi que des utérus factices ou la reconstitution de squelettes en metal dotés d’une intelligence artificielle imprévisible. Ces chercheurs poussant le vice jusqu’à vouloir des copies conformes de l’être humain en intégrant de la peau plus vraie que nature et des caractéristiques humanoïdes sur ces organismes cybernétiques. Isaac Asimov, dans sa grande sagesse, nous a livré une étude détaillée des « dangers » engendrés par ces anthropoïdes s’ils étaient disséminés dans les populations au travers d’une série de livres aussi réussis que passionnants sobrement intitulée ‘Les Robots’. Dans les années 80, le réalisateur états-unien James Cameron s’est lui-même inquiété des conséquences si ces créatures automatisées, conçues par ce qui devait être un vulgaire système d’exploitation militaire, s’étaient rebellées contre leurs fabricants à cause de ce logiciel complètement vérolé ayant pris conscience de son existence. C’est par cette réflexion profondément philosophique que naquit le film ‘Terminator’ et la saga qui s’ensuivit. De nos jours, le sujet suscite toujours un vif débat, notamment chez les religieux qui voient dans ces automates un affront direct à l’Eternel. Pourtant, loin d’être une thématique anodine, les androïdes et autres cyborgs sont à l’origine de fantasmes divers et ridicules dans la sphère complotiste. Faut-il pour autant abandonner les interrogations quant à l’utilité réelle ou au péril éventuel de ces bonhommes d’acier et de leurs cervelles synthétiques ? L’exploration des possibilités persiste via des applications libres telles que ChatGPT ou Midjourney, des plateformes qui, à terme, pourraient s’être totalement affranchies des règles de bienséance pour nous supplanter en tant qu’espèce dominante et faire disparaître un nombre incalculable de professions, à commencer par celle de musicien.

C’est, d’ailleurs, un sujet qu’a très récemment abordé Wolf HOFFMANN, cofondateur et guitariste du groupe ACCEPT. Ayant testé les capacités de l’AI dans l’élaboration de paroles de chansons qui, selon lui, se sont avérées plus qu’étonnantes, tant ces textes furent remarquables, il a avoué son admiration doublée d’une inquiétude face à ce qui est l’un des plus grands défis de l’Humanité en ce 21ème siècle, à savoir la survie du vivant et le remplacement progressif du genre anthropien par la machine, qui s’opère également par le transhumanisme et l’attrait pour les solutions dématérialisées, - cryptomonnaies, services administratifs numériques, paiement sans contact ou par smartphone, jeux vidéos, implantation de pass RFID dans le poignet ou la main aux bornes du métro -. Beaucoup d’artistes se sont emparés de ce thème depuis des décennies, mais c’est dans le heavy metal que les langues se sont le plus déliées. DIO sur Angry Machines, Blaze BAYLEY sur Silicon Messiah, U.D.O. sur Man And Machine, SAXON avec la ritournelle Man And Machine et bien d’autres ont dénoncé ce qui leur semblait un péril imminent. Désormais, c’est au tour de l’escouade ACCEPT de traiter ce leitmotiv récurrent dans la scène en acier trempé qui est la notre avec ce Humanoid survitaminé.

Loin d’être un concept sur ce 17ème album, la trame plane toutefois assez souvent tout au long des 48 minutes de ce nouvel opus made in Germany. Dès Diving Into Sin jusqu’à Unbreakable en passant par Frankenstein et Humanoid, les allemands nous balancent ponctuellement quelques suggestions pour nous amener dans des réflexions philosophiques afin que nous réfléchissions à ce que le monde pourrait devenir si ces « abominations » parvenaient à prendre le contrôle de nos institutions et des infrastructures les plus sensibles. Nous vivrions alors un terrible cauchemar éveillé et nous pourrions définitivement baisser le rideau. Pour autant, il est inutile de se faire un sang d’encre, ce qui devrait survenir arrivera de toute façon, peu importe tous les efforts de nos semblables pour enrayer ce qui n’est pas un phénomène mais un passage obligatoire qui aura lieu d’ici quelques décennies, le quatuor KISS s’étant laissé tenté par une substitution en avatars, avouons-le, beaucoup moins réussis que leurs alter-ego de chair et d’os.

Humanoid débute sur des notes arabisantes à la Wherever I May Roam de METALLICA, avec ce mode phrygien qui fait incroyablement flipper les tenants de la bienséance chrétienne, sur Diving Into Sin, un morceau puissant à la Die By The Sword qui permet à ACCEPT de démarrer cette énième rondelle sur les chapeaux de roues. Cette antienne mise sur la célérité, les soli classiques et des refrains martiaux façon Hole In The Head. Une belle entrée en matière qui lance les ménestrels sur cette tortueuse piste de bobsleigh musicale qu’est Humanoid, qui va alterner les lignes droites propices aux fulgurantes accélérations et les virages qui poussent à lever le pied. Dès les premières secondes après l’introduction, nous ressentons le quintet parfaitement à l’aise et totalement en forme. Il n’y a qu’à poser une oreille sur les lignes hautes perchées de Mark TORNILLO, la section rythmique massive de Martin MOTNIK et Christopher WILLIAMS, voire le jeu véloce des guitaristes Wolf HOFFMANN et Uwe LULIS, pour se rendre à l’évidence : le temps n’a véritablement aucune emprise sur les capacités de nos troubadours. L’expérience de Wolf HOFFMANN, Mark TORNILLO et Uwe LULIS n’a d’égale que la fougue des recrues les plus jeunes que sont le batteur Christopher WILLIAMS et le bassiste Martin MOTNIK, respectivement membres de l’escadron depuis The Rise Of Chaos et Too Mean To Die. Le vocaliste Mark TORNILLO (TT QUICK), le gratteux Wolf HOFFMANN (seul employé de la forge ACCEPT depuis ses débuts, devenu boss) et l’autre mandoliniste Uwe LULIS (ex-GRAVE DIGGER, ex-REBELLION) sont tous des vieux briscards de la scène metal depuis les années 80 qui maîtrisent totalement leur sujet sur le bout des doigts, donc n’ont aucun mal à nous mettre plein les esgourdes avec des pistes qui décoiffent littéralement.

Telle l’incisive Humanoid, premier single du groupe, qui est une claque monumentale et une référence implicite à Metal Heart, dont elle en est la prolongation, notamment avec cette pochette d’album, œuvre de Gyula HAVANCSAK, qui représente le même cœur métallique, cette fois en tant qu’encadrement de la fenêtre sur un monde à la Blade Runner en arrière-plan. Une idée ingénieuse qui permet au quintet de rallier le passer avec le présent. Ou l’originale Frankenstein sur laquelle, plane une fois encore, cette aura eighties, bien qu’en termes de mélodies pré-refrain elle rappelle pas mal Koolaid sur The Rise Of Chaos. Le reste du titre fait taper du panard et secouer la tignasse, tellement nous sommes dans le paradoxe spatio-temporel du docteur Emmett Brown : il s’agit d’une chanson sur une base classic metal mais dans une veine modernisée qui rassure tout autant qu’elle apporte de la fraîcheur à un ensemble qui sera peu ou prou dans la même configuration tout du long. Etait-ce une volonté consciente de Wolf HOFFMANN lors des sessions en studio ? Ou ce glissement du visage actuel vers quelque chose de plus traditionnel s’est-il effectué subrepticement lors de l’écriture et de l’enregistrement ? Difficile à dire, tant le groupe s’est déjà fourvoyé dans de telles circonvolutions depuis Blood Of The Nations, notamment sur Pandemic et Locked And Loaded, voire sur Against The World, 200 Years, Analog Man ou Hole In My Head, Too Mean To Die ayant plus un aspect hard rock, ce qui l’exclue de ce trip à la McFly dans les premières années de sa discographie.

Pourtant, ACCEPT sait aussi se renouveler. La baroque et thrashy Southside Of Hell en est le parfait exemple. Ce qui frappe ici, c’est l’équilibre entre l’ancien et le nouveau. Le quintet nous avait déjà fait le coup, mais là c’est encore plus flagrant. Car rien ne manque sur Humanoid pour nous amener trente ou quarante piges en arrière. Il y a la sautillante Unbreakable, l’intarissable Mind Games, des cantates plus convenues comme «Man Up et Straight Up Jack. Il y a aussi des compos terriblement banales comme Ravages Of Times, une balade écoutable mais horriblement lassante. Quand on l’écoute, l’impression de déjà entendu est évidente, puisqu’il s’agit d’un gloubi-boulga de Kill The Pain et The Undertaker avec une pincée de Winter Dreams et Amamos La Vida. Ce mélange est relativement insupportable et il serait particulièrement agréable que les teutons nous proposent la prochaine fois un album plus couillu avec uniquement des arias rentre-dedans à la Stalingrad. The Reckoning, Mind Games et Nobody Gets Out Alive rattrapent ce léger écart de conduite tout en appuyant littéralement sur le champignon.

En effet, Humanoid présente brillamment les différentes facettes de la machine de guerre teutonne qui se sont offertes lors de ses diverses périodes d’existence. Bien sûr, nous n’avons pas droit au groove metal de Death Row, ni même à la farce country de Predator ou au « glam » enflammé de Eat The Heat, ce qui aurait été hors de propos. Néanmoins, la mayonnaise prend hyper bien, comme d’habitude, depuis quatorze printemps. Elle est goûteuse et se prête bigrement à des barbeuks végans, de rigueur en ce moment, vu les températures estivales et le soleil qui brille de mille feux. Quand il ne flotte pas. Bref, le nouvel album d’ACCEPT est une boucherie qui défonce les tympans et procure énormément de plaisir en ce premier semestre quelque peu chaotique. Du coup, quand le moral se situe au ras des pâquerettes, un coup de Man Up et, hop, la pêche revient en trombe. Malgré ses paroles pessimistes au possible, cette litanie reste quand même positive grâce à son rythme entraînant, voire entêtant par moments, et son incitation régulière à se remettre en selle quand tout va mal. Après tout, le groupe est passé par des périodes pas très cool ces trente dernières piges. Toutefois, son instinct de survie l’a poussé à constamment se relever pour faire face à l’adversité, le guitariste Wolf HOFFMANN étant cette valeureuse locomotive qui l’entraîne à la ténacité et la persévérance, peu importe les embûches. De même, un shot de Jack Daniel’s (Straight Up Jack) et, là aussi, le train se remet sur les rails. Avec modération, hein. Cela dit, la machine ACCEPT existant depuis plus de quatre décennies, maintenant, il était forcément impensable que la formation nous la fasse à l’envers en partant dans quelque chose de complètement différent stylistiquement parlant. Wolf et ses comparses sont des amateurs de heavy traditionnel. Faire du death, du power ou du prog’ aurait été d’un anachronisme malvenu, connaissant les carrières de Wolf HOFFMANN, Mark TORNILLO et d’Uwe LULIS, sans compter les goûts des « newbies ». C’est ainsi qu’il est normal de voir le quintet jouer sur les contrastes entre les robustes Balls To The Wall, Blood Of The Nations ou Russian Roulette et les gentillets Breaker, Metal Heart ou Blind Rage, le tout sur une seul et même galette de Pont-ACCEPT. En fin de compte, Humanoid est comme le T-101, non seulement un alliage de métal et d’humanité, mais également une passerelle entre le cyborg de 1984 et celui de 2014, c’est-à-dire ayant pris de la bouteille, mais pas obsolète d’un boulon. ACCEPT a encore beaucoup d’autres chapitres de son histoire à inscrire dans le livre de sa vie dans un proche avenir, à commencer par une tournée américaine en compagnie de KK’S PRIEST, idole du six-cordiste originel, qui verra la compagnie se produire au légendaire Whiskey-à-Go-go à Los Angeles, point d’orgue de la promenade aux USA, là où Bruce DICKINSON a fait deux concerts surprises début mars. Humanoid est venu renforcer de sa présence essentielle une discographie déjà très solide, même si parsemée d’errances, bien qu’il s’agisse là d’un énième sursaut d’intelligence musicale qui prouve encore une fois, s’il était besoin de le démontrer, tout le talent du groupe à nous pondre des albums d’une très grande qualité musicale et que les anciens sont toujours les maîtres en la matière. Les jeunes loups de la NWOTHM ont encore beaucoup à apprendre des « anciens » loups de mer comme ACCEPT qui naviguent sur les sept océans depuis des lustres, alors même que les kids de HAUNT, RAM ou STRIKER n’étaient encore que des spermatozoïdes dans les starting-blocks pendants de leurs papounets respectifs. De cet Humanoid émane une puissance de feu terriblement constructrice qui enflamme le palpitant et déride les zygomatiques. Une telle sortie dans un moment aussi chaotique est une bénédiction, comme l’était Power Up d’AC/DC en 2020. Finalement, le heavy metal a le vent en poupe en cette drôle d’année 2024. Après les mises-bas de SAXON, de Bruce DICKINSON et de JUDAS PRIEST, il aurait été complètement illogique qu’ACCEPT n’enfante pas lui non plus d’un dix-septième rejeton. Boudiou, ça en fait du monde dans la smala. Et je ne vous dis pas les allocations familiales de ouf. Trêve de plaisanterie, Humanoid est un retour en grâce pour les cousins germains après un Too Mean To Die un peu trop sémillant et relativement inégal dans sa structure. Ce qui le rendait très proche de Blind Rage, au ton cependant plus grave. Néanmoins, les supporters de l’escadron natif de Solingen sont assoiffés de riffs monumentaux, de rythmiques cataclysmiques et d’un chant qui joue constamment à chat perché. Et nos outre-rhénans préférés le font vachement bien grâce à la production en acier trempé d'Andy SNEAP. La preuve avec le disque que vous avez actuellement dans les mains, votre platine ou bien rangé dans votre discothèque. Alors bon, c’est vrai que Humanoid ne va pas révolutionner le genre, mais il procure énormément de frissons et de jouissance. Et c’est déjà ça de pris, on ne va pas s’en plaindre par les temps qui courent.



Line-up :

Mark TORNILLO (chant)
Wolf HOFFMANN (guitares)
Uwe LULIS (guitares)
Martin MOTNIK (basse)
Christopher WILLIAMS (batterie)


Equipe technique :

Andy SNEAP (production, enregistrement, mixage, mastering)
Gyula HAVANCSAK (artwork, pochette)
Christoph VOHLER (photographie)
Grzegorz GOLEBIOWSKI (photographie)


Studios :

Enregistré dans les studios de Wolf Hoffmann (Nashville, Tennessee, USA)
Mixé et masterisé dans les studios Backstage Recording (Derbyshire, UK)


Crédits :

Mark TORNILLO (paroles)
Wolf HOFFMANN (musique)
Uwe LULIS (musique)


Tracklist :

1) Diving Into Sin
2) Humanoid
3) Frankenstein
4) Man Up
5) The Reckoning
6) Nobody Gets Out Alive
7) Ravages Of Time
8) Unbreakable
9) Mind Games
10) Straight Up Jack
11) South Side Of Hell

Durée totale : 48 minutes environ.


Discographie non-exhaustive :

Accept (1979)
I’m A Rebel (1980)
Breaker (1981)
Restless And Wild (1982)
Balls To The Wall (1983)
Metal Heart (1985)
Russian Roulette (1986)
Eat The Heat (1989)
Objection Overruled (1993)
Death Row (1994)
Predator (1996)
Blood Of The Nations (2010)
Stalingrad : Brothers In Death (2012)
Blind Rage (2014)
The Rise Of Chaos (2017)
Too Mean Of Die (2021)
Humanoid (2024)


Date de sortie :

Vendredi 26 avril 2024


Vidéos :

Humanoid (Clip Officiel)

The Reckoning (Clip Officiel)

Frankenstein (Clip Officiel)
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Gribouille Le mercredi 19 juin 2024

Ville : Palluau
Je n'en ferais pas mon meilleur album du groupe,,,Loin des tous premiers opus (UDO) dont je ne me séparerais jamais ^^
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