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Chronique
KINGCROWN - Wake up call

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2022
Provenance du disque : Acheté
11titre(s) - 44minute(s)

Site(s) Internet : 
KINGCROWN FACEBOOK

Label(s) :
Rock Of Angels Records
 (18/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 09/08/2022
De l’or en barre...
Trois printemps après un premier album sous le patronyme de KINGCROWN, mais le deuxième en vérité si l’on prend en compte l’excellent Resilience publié en 2018 lorsque la formation s’appelait encore OBLÏVIÖN, le quintet grenoblois nous revient en cette année 2022 avec un nouvel effort nommé Wake Up Call. Entre A Perfect World et ce désormais troisième opus, quelques changements de line-up se sont opérés en marge de l’arrêt forcé pendant la pandémie. En cause des différents musicaux sans animosité. Exit, donc, les trois cinquième du combo en les personnes des guitaristes Stéphane RABILLOUD (URGENT) et Florian LAGOUTTE (FORSAKEN WORLD) et le bassiste Markus FORTUNATO (FORTUNATO). Après cette triple rupture à l’amiable, les frères AMORE, toujours maîtres à bord, se sont, en bons directeur des ressources humaines qu’ils sont, mis en quête de nouveaux musiciens dans le but de poursuivre l’aventure KINGCROWN. Suivant un temps de recherche plus ou moins long, le choix de Jo et David s’est finalement arrêté sur les gratteux Bob SALIBA (GALDERIA, STONECAST, DEBACKLINER, RUBICON) et Ced LEGGER (ex-HEADLESS CROWN) ainsi que le quatre-cordiste Sébastien CHABOT (GALDERIA). Un trio très compétent qui va prouver ses talents sur ce Wake Up Call autrement plus dynamique que A Perfect World.

Loin d’être une catastrophe, le précédent enregistrement studio des frangins et de leurs anciens comparses manquait régulièrement de punch. Son ton assez sombre et parfois cheesy n’était pas, qualitativement parlant, au niveau de Resilience ou des anciens travaux de la fratrie AMORE et des autres membres de l’époque. Les goûts et les couleurs n’aidant pas, chacun partait parfois dans son délire et A Perfect World manquait d’homogénéité, ce qui lui a été, en quelque sorte, préjudiciable, d’où le manque d’intérêt des metalheads pour cette rondelle au charme pourtant certain. Et, au final, une démotivation logique de la part des dissidents. Mais, le délai entre les sorties de Resilience et son successeur d’alors, est également à mettre en cause, le club des cinq n’ayant pas assez pris de temps pour peaufiner les morceaux de A Perfect World, la période minimale pour atteindre un certain aloi étant d’au moins vingt-quatre mois. De même, la volonté de Jo et David AMORE de passer à la vitesse supérieure en termes de reconnaissance européenne et de tournée sur le Vieux Continent n’a pas forcément non plus été du goût de quelques-uns qui n’avaient pas autant d’ambition. Jouer en France leur suffisait amplement, ceci pour ne pas trop s’éloigner de leurs familles respectives. Ce qui est très compréhensible avec ce coronavirus qui a fait revoir leurs priorités à bon nombre de gens.

Cela dit, bien en a pris aux blood brothers de continuer leur périple avec KINGCROWN. Car, avec les « petits bleus », le metal de la formation a regagné un nouveau souffle. Plus lumineuse que par le passé, plus mélodique tout en étant plus incisive, la musique de KINGCROWN a retrouvé des couleurs et une dimension plus traditionnelle tout en conservant un aspect moderne, notamment sur le plan de la production. Roland GRAPOW, toujours maître de la console, a enfin eu plus d’espace et moins de pression que sur A Perfect World. D’ailleurs, le son en ressort globalement plus puissant. De même, les frères AMORE se sont adjoint les services de Felipe MACHADO FRANCO, illustre peintre et graphiste, également chanteur et bassiste au sein de THUNDERBLAST et HARMITAGE, ancien membre de VORPAL NOMAD, ayant bossé, entre beaucoup d’autres, sur les pochettes d’AYREON, Blaze BAYLEY, BLIND GUARDIAN, BRAINSTORM, GALDERIA ou ICED EARTH, pour ne citer que les plus gros représentants de la scène metal. L’artwork de Wake Up Call, plus ciselé que celui de A Perfect World, est une véritable œuvre d’art de par ses tons chatoyants et sa profondeur de champ. Il ne s’agit, vraisemblablement, que d’une esquisse sans réel détail. Pour preuve, ces silhouettes de femmes et d’hommes nus et sans visages apparents, déambulant parmi les ruines d’une cité futuriste, est une métaphore de l’anonymat dans le désœuvrement total de l’être humain, désemparé par la chute prochaine de son empire sur le monde tel que nous le connaissons actuellement. D’où l’intitulé de ce deuxtroisième CD, Wake Up Call, l’appel au réveil dans la langue de Gainsbourg. L’aura dorée qui englobe le centre de l’image est une sorte de passage entre deux espace-temps bien distincts et ce sont les quidams du futur qui viennent nous prévenir d’un péril imminent nous concernant. Qu’il s’agisse du « grand reset » annoncé par le FMI lui-même par la voie de sa désormais révolue porte-parole Christine Lagarde il y a de cela quelques années déjà ou de la déconfiture de la collectivité humaine face à l’énorme bouleversement climatique, cette métaphore dépeinte par le dessinateur colombien prend tout son sens lorsque nous arrêtons la sagesse des trois singes et que nous prenons conscience de l’ampleur du désastre multiple qui nous guette.

Jo et David AMORE ont souhaité que ce chemin initiatique soit gravé sur cette dernière galette d’une façon plutôt rationnelle en suivant un schéma logique en partant dans le tracklisting de cet « appel du 18 juin » mondial pour aboutir à une « nouvelle ère » établie sur l’espoir d’une métamorphose durable et écologiquement plus constructive. Bien sûr, ce « concept » à la ligne directrice méthodique est complété par trois autres titres qui évoquent plutôt leur propre réalité vécue durant cette période d’incertitudes face à la maladie exotique qui a commis une franche coupure dans nos modes de vie et le retour à une existence presque normale.

Partant de ce double constat, il est naturel d’entendre des morceaux plus enjoués, signe d’une liberté retrouvée, mais aussi plus tranchants, stigmates d’une colère révolue. L’éponyme album s’élance, comme annoncé plus haut, sur un Wake Up Call détonnant que n’aurait pas renié un Général de Gaulle sous 18 de tension. Après une courte introduction à la guitare acoustique, la chanson débute par un riff hyper mélodique, puis par quelque chose de plus heavy, mais guère plus, ce qui autorise Jo AMORE à placer ses lignes vocales. L’atmosphère de ce titre est assez étrange en soi, bien que l’on retrouve certains éléments de Resilience. Wake Up Call est une farandole sautillante, alors que le sujet abordé est relativement sombre. Le chant de Jo est plus haut perché qu’habituellement, plus doucereux aussi. Tentant de séduire l’audit.eur.rice, il demeure dans une forme de timidité qui ne fait pas toujours honneur à cette ouverture guillerette. Les guitaristes Bob SALIBA et Ced LEGGER se partagent équitablement le boulot. Toutefois, il est difficile de se faire une opinion sur la qualité de leur travail sur cette aimable ritournelle. La section rythmique, quant à elle, incarnée par David AMORE et son pendant bassiste Sébastien CHABOT, s’en donne à cœur joie, étant le vrai moteur de Wake Up Call. Il y a un minuscule pain sur le début du solo de gratte. Cependant, rien d’embêtant et le plaisir de poser une oreille sur ce qui a plus l’air d’une sérénade que d’une explosion nucléaire n’en est aucunement gâché.

La rondelle se conclut par l’épique Fire Burns Again qui rappelle sans mal les hymnes de MANOWAR. Massif et pesant, il s’agit d’un mid-tempo solennel au refrain enlevé où Jo AMORE s’éclate énormément. On le sent très à l’aise dans les aigus, plus encore dans les médiums. David et Sébastien, encore eux, décidément, alternent entre des accélérations bien senties et des ralentissements bienvenus, ce qui donne le tempo de ce trop bref épilogue, à qui il aurait fallu quatre bonnes minutes supplémentaires, a minima, pour lui apporter plus de prestance et le métamorphoser en morceau culte, à l’instar d’un Fear Of The Dark ou d’un Hallowed Be Thy Name de IRON MAIDEN. Les branleurs de manche, Bob SALIBA et Ced LEGGER, sont au paroxysme de leurs capacités et parviennent à dominer l’ensemble grâce à des parties costaudes et ouvertement ensoleillées. Fire Burns Again est assurément une surprise à s’enfoncer dans les oreilles.

Entre la mise en bouche et le dessert, KINGCROWN nous a concocté un menu plutôt appétissant à défaut d’être exaltant. Entre les deux, des entremets savoureux et des mets principaux consistants. Parmi les premiers, on peut classer The End Of The World, Lost Foreigner, The Awakening, Gone So Long et City Lights. A contrario, parmi les seconds figurent Story Of Mankind, One With Earth ainsi que To The Sky And Back. Les titres les plus « faiblards » consistent en des morceaux excessivement aériens avec des chorus « popisants » qui ne siéent pas totalement à la voix de Jo AMORE, comme sur les « mielleux » Lost Foreigner et The Awakening. Cela dit, c’est la balade Gone So Long qui fait tâche sur cet album à 75% musclé. Autant Jo AMORE s’avère extrêmement efficace sur les morceaux les plus bourrins, qui sont littéralement faits pour son timbre à la DIO, et qui donnent la chair de poule, autant sur Lost Foreigner et surtout Gone So Long, il laisse un peu de marbre. C’est vraiment dommage, le grenoblois étant un « killer » quand il ouvre sa bouche et qu’il se met à interpréter des titres hulkiens. Cependant, et pour nuancer ce propos, même les pistes les moins excitantes sur Wake Up Call restent d’un calibre très élevé. Beaucoup plus encore que certaines figurant sur A Perfect World ou Resilience. Néanmoins, elles ralentissent la cadence du TGV KINGCROWN, lancé à pleine vitesse sur la voie rapide. Le groupe n’étant pas constitué de cheminots, il n’y a aucun risque de grève et, donc, de retard sur les horaires prévus en gare du Headbanging. Néanmoins, les quelques obstructions qui font lever le pied à la Rocket vénère KINGCROWN n’apportent rien de bien intéressant ou de nouveau à la musique du quintet.

C’est sur les lieds les plus robustes que les musiciens rayonnent. Tant la paire Bob SALIBA-Ced LEGGER, sur les soli audacieux et les riffs impérieux, que le duo Sébastien CHABOT-David AMORE, pointilleux au possible, voire la diva Jo AMORE qui vide toutes ses tripes d’un seul tenant. Les canzones qui pètent du feu de Dieu rivalisent de maestria et donnent autant la pêche qu’une palette de vitamine C. The End Of The World, Story Of Mankind, One With Earth, le single To The Sky And Back, A New Dawn et Fire Burns Again sont de vraies machines à botter les arrière-trains tant ils sont terrifiants divinement parlant. Les isérois ont donné dans la surpuissance pour se faire une place parmi les ténors du metal européens. C’est réussi. Avec cette troisième rondelle, KINGCROWN fait désormais partie intégrante de la cour des grands. En seulement quatre piges, les rhônalpins se sont hissés d’une place d’outsider à celle de challenger pouvant sérieusement concurrencer les BRAINSTORM, HAMMERFALL et NIGHTMARE. Grâce à leur audace et leur professionnalisme, les troubadours sont parvenus à nous cuisiner une tortilla diaboliquement piquante qui a ravivé la flamme dans le cœur des métalleux gaulois qui avaient beaucoup souffert du manque de concerts dans l’Hexagone. Relevée et nutritive, l’omelette Wake Up Call est une porte ouverte sur le monde pour les cinq musiciens, une pièce maîtresse qui est déjà plébiscitée un peu partout dans l’UE. A noter que le combo sera présent sur les scènes du Mennecy Metal Fest (septembre 2022) et du Sicking High Rock Fest outre-rhénan (en juin 2023), en supplément des quelques dates en France (Clermont-Ferrand le 22 octobre, Paris le 18 novembre), en Belgique (Ittre le 19 novembre), en Allemagne (Bochum le 20 novembre, Mannheim le 23 novembre) et aux Pays-Bas (Weert le 24 novembre, Ede le 25 novembre). Si vous appréciez les envolées lyriques, les énormes guitares, les doubles-pédales frénétiques, KINGCROWN est votre came et cette dernière offrande de l’or en barre.




Line-up :

Jo AMORE (chant)
Bob SALIBA (guitares, chœurs)
Ced LEGGER (guitares, chœurs)
Sébastien CHABOT (basse, chœurs)
David AMORE (batterie)


Equipe technique :

Roland GRAPOW (mixage, mastering)
Felipe MACHADO FRANCO (artwork)


Studios :

Mixé et masterisé au sein des studios Grapow (Zvolenská Slatina, Slovaquie)


Crédits :

KINGCROWN (paroles, musique)


Tracklist :

1) Wake Up Call
2) The End Of The World
3) Story Of Mankind
4) Lost Foreigner
5) One With Earth
6) To The Sky And Back
7) The Awakening
8) A New Dawn
9) Gone So Long
10) City Lights
11) Fire Burns Again

Durée totale : 44 minutes environ


Discographie :

Avec OBLÏVIÖN :

Resilience (2018)

Avec KINGCROWN :

A Perfect World (2019)
Wake Up Call (2022)


Date de sortie :

Vendredi 25 mars 2022


Clips vidéo :

To The Sky And Back

A New Dawn
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