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Doom death assez original
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De Hongrie nous arrive FADED REMEMBRANCE, soit un projet ambitieux mené par une seule et même personne, Tamas Geza ALBERT. Trois disques ont d’ores et déjà précédé The Blessing Of Downfall : Age Of Emptiness (2021, sorti en autoproduction), Delusion of Silence (2023, toujours en autoproduction) et Dying Age (2024, Bitume). Rien qu’en lisant les titres des albums, on comprend que l’on va être confronté aux aspects les plus sombres de l’Humanité ! Le fait est que, pour véhiculer cette vision déprimée, notre homme-orchestre a opté pour un Doom Death fortement inspiré par les pionniers de ce sous-genre, comprendre PARADISE LOST (des débuts), MY DYING BRIDE, ANATHEMA (première période). D’autres influences sont citées dans la biographie : DEATH et CARCASS (sans que cela colore le moins du monde la musique concernée), CATHEDRAL, SEAR BLISS, CELTIC FROST, MOONSPELL (influences qui colorent effectivement une partie du répertoire)…
En effet, les grands marqueurs du Doom Death sont bel et bien présents. Les tempos sont lents, les rythmiques pesantes, avec des riffs tour à tour écrasants et mélancoliques. Cependant, Tamas a peaufiné sa version du sous-genre, et ce, à plusieurs niveaux. Au niveau de chant tout d’abord. Refusant ostensiblement les traditionnels vocaux caverneux et graves, il opte pour un registre médium, nettement articulé, légèrement rauque et, surtout, relativement agressif. De temps à autre, des passages en voix claire viennent apporter un contraste bienvenu. Au niveau de l’instrumentation, plusieurs ingrédients viennent enrichir la base Doom Death. Des guitares en son clair tout d’abord, qui introduisent un effet subtil, en contrepoint des riffs lourds. Des arrangements de synthétiseur ensuite, avec un rendu atmosphérique, fantomatique et romantique. De surcroît, le jeu de batterie est sensiblement plus riche que la simple ponctuation des temps. Plus original, à de multiples reprises, on entend des arrangements de cuivres (trompette et trombone) qui introduisent une dimension imposante et majestueuse, à l’instar de ce que CELTIC FROST produisit en son temps sur To Mega Therion (1985). Qui plus est, la majorité des compositions affiche des durées raisonnables (sauf le titre éponyme qui franchit le cap des sept minutes), ce qui contraint à resserrer le propos, avec à la clé des passages accrocheurs.
Cerise sur le gâteau, la production demeure relativement brute, le mixage se chargeant de donner de la clarté et de la profondeur à l’ensemble. Le résultat final ne manque pas de charme et force le respect, s’agissant de l’œuvre d’un seul homme.
Vidéos de The Blessing Of Downfall cliquez ici et de Shadowhaunt cliquez ici
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