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Chronique
AQUILLA - Mankind’s odyssey

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2022
Provenance du disque : Reçu du label
10titre(s) - 44minute(s)

Site(s) Internet : 
AQUILLA FACEBOOK
AQUILLA BANDCAMP
AQUILLA INSTAGRAM

Label(s) :
Jawbreaker records
 (16/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 07/01/2023
Heavy metal de bonne tradition... avec cuir, clous, chaînes et katana !
Un peu comme je l’annonçais au début de la chronique du premier album d’ACID BLADE (relire ici : cliquez ici), il suffit de découvrir l’illustration de la pochette de ce premier album d’AQUILLA, d’écouter les titres et les paroles, de mater le look des cinq comparses (perfectos, chaînes, clous, futals en spandex et… katana brandi ! Détail piquant et, à ma connaissance totalement inédit dans le vaste univers du Metal (je l’avoue, totalement anecdotique) : l’un des musiciens arbore une disquette 5.25, ostensiblement accrochée à la fermeture éclair de son perfecto… Si ça ne constitue pas un indice prémonitoire irréfutable, alors, c’est que vous êtes de mauvaise foi (ou que vous êtes trop jeunes pour savoir de quoi je parle). Quoi qu’il en soit, AQUILLA est un quintette de Heavy Metal traditionnel, formé à Varsovie en 2015. Si Mankind’s Odyssey est son premier album, on peut dire que le groupe a patiemment préparé le terrain, en sortant successivement deux singles en 2016, puis deux EPs : The Day We Left Earth en 2017 (huit titres, dont les deux singles de 2016) et Saviors Of The Universe en 2019 (quatre titres).

L’écoute de ce premier opus confirme d’emblée ce que les indices visuels et écrits nous avaient, fines mouches que nous sommes, amplement révélé : AQUILLA souffre d’un syndrome sévère de dépendance au Heavy Metal de la première moitié des années 80 et à plusieurs de ses sous-genres ultérieurs. Avant même l’avènement proliférant de la mythique New Wave Of British Heavy Metal, des groupes précurseurs comme JUDAS PRIEST et SAXON avaient imposé l’idée que les riffs de guitare ne se devaient pas forcément d’être massifs pour imposer un Heavy Metal carré et musculeux ; il suffisait de petits riffs nerveux et tranchants, dûment rehaussés de plans de guitares jumelles émettant des mélodies simples et accrocheuses, ainsi que de solos brefs et incisifs. C’est tout à fait le cas chez AQUILLA, qui confie de surcroît à sa section rythmique le soin d’apporter tension et mordant, à notamment des lignes de basse sèches, tendues et galopantes, soutenues sans sourciller par une batterie souvent partante pour des accélérations nerveuses au possible.

La tension rythmique, ainsi que la propension à accélérer le tempo, permettent de dépasser la NWOBHM pour rejoindre la démarche maximaliste qu’adoptèrent ponctuellement des groupes comme ACCEPT, EXCITER, ANVIL, RAVEN, bientôt suivis par des groupes combinant vélocité, mélodicité et nervosité (HELLOWEEN première manière, GRAVE DIGGER idem, SATAN, TOKYO BLADE, AGENT STEEL et tant d’autres). Sur ce plan, on ne peut objectivement pas affirmer qu’AQUILLA apporte une once de novation, mais on constate aisément que, sur la longueur de l’album, le groupe se montre systématiquement efficace, sincère et totalement investi. Indéniablement et ostensiblement inspirés par le passé des années 80, les deux guitaristes, le batteur et le bassiste n’ont cependant aucune envie de faire preuve d’un fétichisme pointilleux, en reproduisant à l’identique les défauts de maîtrise instrumentale, de production et de mixage de cette glorieuse, mais ô combien fragile, époque. En somme, AQUILLA parvient à préserver les aspects incisifs, effilés et concis, tant rythmiques que mélodiques, constitutifs du corpus d’inspirations initiales ; cependant, il parvient à se munir d’un son efficace, équilibré, certes dépouillé mais dynamique.

A ce stade, nous avons traité le versant instrumental, largement constitutif de l’identité sonore propre à AQUILLA. Cela dit, permettez-moi d’affirmer que Mankind’s Odyssey n’aurait pas la même saveur sans les performances du surnommé Blash Raven au poste de chanteur. Si vous faisiez écouter cet album en aveugle à quiconque, la personne testée vous affirmerait avec aplomb qu’AQUILLA recourt à pas moins de trois chanteurs. L’un en charge d’un registre médium-haut bien modulé, un autre assurant des montées tenues dans les hauteurs (avec parfois des crispations à la RAGE), un dernier registre plus nettement agressif se révélant ponctuellement. Le fait est que, au sein d’une même composition, le chanteur parvient avec une assise et une charge émotionnelle palpables à incarner concrètement et puissamment la charge dramatique qui sous-tend le récit de science-fiction qui prédomine l’œuvre d’AQUILLA. En la matière, je salue les arrangements vocaux, les changements de rythmes, d’ambiances et de tempos, qui permettent fondamentalement d’introduire une dimension dramatique, jamais décorrélée d’un souci quant à l’impact sec et net.

La dimension conceptuelle – relevant de la science-fiction et de l’aventure spatiale – permet d’élargir quelque peu le spectre sonore et dramatique de cet album, avec des arrangements synthétiques, des narratifs plus ou moins pompeux et utiles, en définitive vecteurs d’une diversification salutaire. En matière de Heavy Speed Metal ayant adopté la Science-Fiction comme thématique centrale, j’ai de longue date placé au pinacle le premier album du groupe allemand SCANNER, Hypertrace (découvrir ici : cliquez ici) ; AQUILLA n’approche pas encore cette cohérence totale, mais présente d’ores et déjà de fort belles dispositions pour rayonner en matière de Heavy 80’s traditionnel, ainsi que dans le domaine du Heavy Speed mélodique. Comme quoi on peut s’inspirer franchement du passé et proposer en 2023 une musique hors d’âge, quoiqu’encore et toujours vivace et sincère.

A noter que ce premier album est paru en février 2022 en numérique et CD chez Ossuary records. Après avoir sorti la version cassette en septembre 2022, Jawbreaker records s’apprête à publier le vinyle le 13 janvier 2023 : d’où cette chronique !

Vidéo d’Arrival : cliquez ici
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Alain Le lundi 9 janvier 2023
Rien de novateur à attendre, mais une sincérité, une envie et une maîtrise déjà conséquente transcendent le classicisme absolu du style. Par ailleurs, en ce début 2023, je me permets de saluer un de nos lecteurs fidèles avec cette citation qu'il saura reconnaître : Suelo concebir el satanico plan de tocar mi guitarra a volumen brutal ! Merci à toi.
Volumenbrutal Le dimanche 8 janvier 2023

Ville : LE HAILLAN
Elle fait envie ta chronique. Je vais suivre la sortie du vinyle.
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