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Chronique
UFO - No heavy petting deluxe edition

Style : Hard Rock
Support :  CD - Année : 2023
Provenance du disque : Acheté
27titre(s)

Site(s) Internet : 
UFO WEBSITE
UFO FACEBOOK

Label(s) :
Chrysalis Records
 (17/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 04/02/2023
Réédition augmentée d'un album de transition
En 1976, quand paraît No Heavy Petting, sixième album studio du groupe britannique, UFO est encore un groupe au destin incertain, encore renvoyé aux tournées éreintantes pour assurer sa survie. Un régime que le groupe, formé en 1969, connaît bien depuis ses origines. Autour du trio originel constitué de Phil MOGG (chant), Peter WAY (basse) et Andy PARKER (batterie), le guitariste Mick BOLTON exerça ses talents sur les albums studio UFO 1 (1970) et UFO 2 (sous-titré Flying One Hour Space Rock, 1971), deux opus très marqués par le Space Rock. Cette première période se trouve clôturée par un album live, UFO Live (1972, également intitulé selon les territoires UFO Lands In Tokyo et UFO Landed In Japan), avec à la clé le départ de Mick BOLTON.

Après des essais infructueux avec Larry WALLIS (futur PINK FAIRIES et MOTÖRHEAD), puis avec Bernie MARSDEN (futur WHITESNAKE, ALASKA, COMPANY OF SNAKES), UFO débaucha le tout jeune soliste allemand Michael SCHENKER, alors actif au sein des SCORPIONS, groupe n’ayant publié alors qu’un seul album, Lonesome Crow (1972). Rétrospectivement, la période des années 70 avec Michael SCHENKER à la guitare est unanimement considérée comme un sommet indépassable. Cependant, cet UFO nouvelle manière débuta modestement, avec à l’appui un premier album, Phenomenon (1974) qui marquait une tendance à un durcissement encore relatif ; au côté de titres plaisants, quoique parfois mièvres, le groupe signait là ses deux premiers classiques, à savoir le torride Rock Bottom et l’irrésistible Doctor Doctor (quoique dans une version manquant encore de nerf et de tension dramatique). Pas encore un disque indispensable, pas encore de succès massif, mais le début d’une réorientation vers le Hard Rock.

Tendance amplifiée et magnifiquement confirmée en 1975 avec l’album Force It, premier classique du groupe, gorgé d’incontournables du groupe : Let It Roll, Shoot Shoot, Out In The Streets, This Kid’s, Mother Mary, excusez du peu ! Pour le coup, UFO venait de créer un genre de Hard Rock tranchant et percutant, mais aussi fondamentalement concis et mélodique, à l’inverse des acrobaties instrumentales et vocales caractérisant le géant LED ZEPPELIN, ses prétendants DEEP PURPLE et URIAH HEEP. Sans provoquer un raz-de-marée commercial, Force It permit à UFO d’accroître son audience, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Restait à confirmer…

… Ce que No Heavy Petting ne fit pas. Si sur le plan commercial, l’album ne permit pas au groupe de thésauriser sur les fondations posées par Force It, le bilan purement artistique s’avéra également en-deçà des attentes. Objectivement, de cet album ne demeure encore aujourd’hui qu’un classique intemporel - le mid-tempo efficace et accrocheur Natural Thing, placé en ouverture -, talonné par le magnifiquement contrasté I’m A Loser (claviers, guitare acoustique, riff nerveux, solo incendiaire, mélodies vocales accrocheuses). Loin d’être des rogatons, les sept autres morceaux originels s’avèrent en tous points passionnants. Il faut rendre justice au rapide et intense Can You Roll Her, pépite injustement oubliée. En mode Heavy Blues déchirant, On With The Action serpente lentement, entre guitare aux riffs menaçants et solo incandescent. Le délicat Belladonna représente la face la plus sensible du groupe. Le mode Boogie avec piano endiablé est enclenché sur Highway Lady. Sans être mauvais, le titre Reasons Love et la reprise de Frankie MILLER, A Fool In Love, n’impriment pas durablement. En clôture d’album, la délicate ballade Martian Landscape, marquée par des claviers presque psychédéliques, opte pour une sortie subtile, non dénuée d’électricité, mais avant tout porteuse d’une mélancolie que n’aurait pas reniée THE KINKS.

Hormis sa production artistique en léger recul par rapport au solide Force It, No Heavy Petting se caractérise par l’adjonction du claviériste Danny PEYRONEL (ex-HEAVY METAL KIDS), qui se traduit par une amplification globale des arrangements de claviers ; la nouvelle recrue cosigne par ailleurs deux compositions et assume entièrement deux autres. Sans dénaturer le moins du monde le son de UFO, il injecte indéniablement une dimension mélodique supplémentaire, amenée à se prolonger… sans lui !

Reste à aborder la version deluxe, qui se traduit, sur le premier CD par six titres supplémentaires. Lesquels ne s’avèrent pas franchement indispensables, néanmoins représentatifs de l’approche mélodico-nerveuse adoptée par le groupe. La reprise du All Or Nothing des SMALL FACES ne frôle pas la magie de l’original, sans pour autant s’avérer ridicule. Par contre, l’inédit French Kisses s’impose par son approche énergique et tranchante. Le chanteur écossais Frankie MILLER se trouve à deux reprises honoré, sans qu’on sente qu’UFO – et son chanteur- soit en mesure de transcender les performances rocailleuses originelles. Cosignés par MOGG et PEYRONEL, All The Strings et Tonight Tonight demeurent d’honnêtes titres en mode mid-tempo, ni totalement tranchants, ni impérativement mélodiques.

La version deluxe propose en outre un second CD, capté en 1976 à la Roundhouse de Londres. Honnêtement, le son est un tout petit peu voilé, quoique franchement dynamique. Rien de rédhibitoire, rien qui n'empêche de profiter pleinement des douze titres joués devant une assistance acquise et chauffée à blanc. En ouverture de set, le grand classique oublié de UFO, Can You Roll Her, déblaie puissamment le paysage ; on me permettra de regretter que le groupe n’ait jamais pérennisé ce titre impérial dans son répertoire scénique… UFO assène des versions incroyablement vivaces des meilleurs morceaux de Phenomenon et Force It, avant d’assumer pleinement sa première période avec des interprétations incandescentes de la reprise du C’Mon Everybody d’Eddie COCHRAN et de Boogie For George, seules rescapées de la séquence BOLTON. Autre titre issu de No Heavy Petting, le morceau composé intégralement par le claviériste Danny PEYRONEL, Highway Lady, s’inscrit efficacement dans la dramaturgie du concert typique d’UFO à l’époque, sans pour autant s’imposer durablement, faute de caractéristiques distinctives suffisantes.

Au total, le fan d’UFO, voire l’impétrant.e, peut sans se ruiner découvrir un groupe essentiel, via ce cycle pluriannuel de rééditions augmentées. En somme, No Heavy Petting ne fut pas et n’est toujours pas un album essentiel dans la discographie du combo britannique. Par contre, il demeure un témoignage vivace et talentueux de la part d’un groupe qui s’apprêtait, l’année suivante, à publier son album studio ultime, à savoir Lights Out. Reste à découvrir comment ce classique sera traité… En attendant, amateurs et amatrices de Hard Rock mélodique et nerveux, ne boudez pas votre plaisir, vous tenez un moment essentiel du genre au cours des années 70. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, la formule demeure vivace et effective de nos jours. La magie, quoi…


L’édition deluxe de No Heavy Petting se présente (à l’instar des rééditions de Phenomenon et de Force It) sous la forme d’un double CD en format digipack, avec fourreau et livret copieux, sur les plans textuel et visuel. Si vous êtes fan d’UFO, l’acquisition ne vaudra cependant que pour la validation officielle d’une période de transition, assez largement documentée en mode pirate. Pour les autres, merci de noter que UFO préfigura une pratique du Hard Rock nerveux et énergique, particulièrement propice à une prolifération de formations privilégiant la nervosité tranchante et les mélodies nettement dessinées. Il y a là de quoi considérer que UFO inspira en partie la vogue US du Hard de la première partie des années 80.

Tant la version studio que son additif live permettent de jauger positivement UFO à cette époque, constituant un corpus solide et équilibré, tant du point de vue de l’interprétation que de la composition. Cela dit, l’essentiel restait à advenir : signer un classique studio (ce sera Lights Out en 1977), emporter les foules américaines, en dépit d’un album studio légèrement en deçà (Obsession, 1978) et délivrer dans la foulée un double album live essentiel (Strangers In The Night, 1979). Dans la lignée des versions deluxe de Phenomenon et de Force It, No Heavy Petting se voit revivifié. Pas indispensable, néanmoins essentiel pour les amateurs et amatrices de Hard Rock mélodique et mélodique des années 70.

Vidéo de Natural Thing cliquez ici et I’m A Loser cliquez ici
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