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Chronique
HANDS OF ORLAC - Hebetudo mentis

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2023
Provenance du disque : Reçu du label
7titre(s) - 56minute(s)

Site(s) Internet : 
HANDS OF ORLAC BANDCAMP
HANDS OF ORLAC INSTAGRAM

Label(s) :
Terror from Hell
 (16/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 04/10/2023
Heavy prog rétro attirant
Actif depuis 2009, le quartette romain s’est depuis relocalisé en Suède (Malmö) et a produit deux albums, depuis sa création en 2009 : Hands Of Orlac (2011) et Figli Del Crepusculo (2014). Presqu’une décennie après son second opus, le quartette se rappelle à notre bon souvenir, via les sept compositions de ce troisième album, généreux en formats copieux, puisqu’on trouve trois compositions excédant les sept minutes, To The Night A Bride crevant les huit minutes, Malenka excédant de peu les neuf minutes ; la palme revenant de loin à Ex Officio Domini (The Executioner Of Rome) échouant de peu à atteindre le quart d’heure.

Certes, avec de tels formats, on pourrait craindre un ton ampoulé, des structures inutilement complexes, des démonstrations abusives. Or, il n’en est rien, et ce, pour des raisons globalement positives, parfois plus négatives. Commençons par ces dernières, qui tiennent essentiellement à la forme. Le son général s’avère certes limpide, avec une prise de son vivante, mais diable que le mixage est asthénique : petits riffs sans relief, solos de guitare qu’on ne fait pas briller, batterie sans impact (avec un son de caisse claire digne d’une démo des années 80), une basse aux abonnés presqu’absents, chant féminin mixé à plat, sans profondeur… N’en jetez plus, seuls les fétichistes des sons aigrelets de la NWOBHM pourraient défendre becs et ongles un tel traitement sonore, qui lime systématiquement les qualités des interprètes et des compositions. Une approche faussement vintage qui dessert le groupe (là où BLOOD CEREMONY a su trouver le bon équilibre).

Alors, Hebetudo Mentis est-il un ratage intégral ? Non, loin s’en faut, pour des raisons qui tiennent avant tout à ce qu’on perçoit d’ambition dans le projet global et dans les compositions du groupe. Le projet global ? Somme toute fort classique, l’univers conceptuel englobe le surnaturel, l’horrifique, le gothique, soit tout l’imaginaire lugubre dont se repaît le Heavy Metal depuis toujours. Musicalement, la recette fusionne de manière fort pertinente et personnelle plusieurs univers. Base des univers Hard et Heavy, le riff se décline ici en mode modeste, simple et clairement découpé, nerveusement appliqué. Il arrive parfois que le riff se fasse un poil plus épais et plus emphatique (des ponctuations au sein d’Il Velo Insanguinato), évoquant le Doom Metal – la pauvreté du son conduisant à évoquer une sorte de proto-Doom. Prises séparément, chaque séquence de chacun des morceaux demeure carrée, quoique rythmiquement pondérée, évoquant la simplicité prosaïque du Hard & Heavy depuis ses origines, jusqu’à nos jours. A ce stade, on peut évoquer une confrontation fructueuse entre le Heavy Metal originel de BLACK SABBATH, les morceaux les plus sinisistres du début d'ALICE COOPER, le Heavy Metal effilé de JUDAS PRIEST (autant pour les premiers pas hésitants des débuts que pour le tranchant métallique dans la seconde partie des années 70), le Hard Rock mélodico-progressif d’un SARACEN, le Heavy Prog d’un IRON MAIDEN (période Seventh Son Of A Seventh Son), le Heavy Metal tortueux hanté de PAGAN ALTAR...

Compte-tenu des durées évoquées précédemment, il n’est guère étonnant de constater que, loin de se contenter de l’efficacité palpable de chaque séquence, HANDS OF ORLAC se plaît à briser rythmes et tempos, introduisant une dimension sagement progressive, qui contribue à renforcer tout à la fois le dynamisme et la profondeur dramatique d’un ensemble dont on a déjà souligné l’indigence sonore. Prise isolément, chaque séquence au sein d’une composition présente un schéma binaire et limpide, à base de petits riffs assez inoffensifs, posés sur des tempos lents ou mediums. C’est davantage l’agencement de multiples séquences successives et contrastées qui permet d’évoquer une dimension digne du Rock progressif. Sans oublier que la multiplication des arrangements visant à créer des ambiances (arpèges limpides de guitare, claviers vintage, flûte) permet derechef d’éviter l’écueil fatal de la platitude.

Impossible de ne pas citer la performance très justement dosée de la chanteuse. Avec son registre médium, clair et très articulé, The Sorceress (quelque chose me dit qu’il s’agit d’un nom d’artiste !) oscille entre un timbre spectral, presque désincarné, et des intonations plus émotionnellement chargées. Aucune acrobatie technique, aucune minauderie, encore moins de contre-emploi criard ou guttural : juste un excellent travail, tout en nuances.

Passées des carences formelles évidentes, il n’en demeure pas moins que ce nouvel album de HANDS OF ORLAC vaut la peine d’être découvert au fil d’écoutes réitérées et dispense un charme aussi particulier qu’attachant.

Vidéo de Frostbite : cliquez ici
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