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Chronique
ZAKK SABBATH - Doomed forever forever doomed

Style : Heavy Metal
Support :  2CD - Année : 2024
Provenance du disque : Acheté
16titre(s) - 77minute(s)

Site(s) Internet : 
ZAKK SABBATH FACEBOOK
ZAKK SABBATH BANDCAMP

Label(s) :
Magnetic Eye records
 (18/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 10/03/2024
Zakk remet le cover
De tout temps, il a été extrêmement ardu de démêler la passion artistique et le calcul commercial dans les projets musicaux, tous genres confondus. Ainsi, quand le guitariste Zakk WYLDE forma ZAKK SABBATH en 2014, les réactions ont-elles été tout autant ténues que prudentes. Assistait-on à un hommage aux fondateurs du Heavy Metal ou à une tentative de thésauriser sur un répertoire glorieux ? Difficile de trancher définitivement, à partir du moment où nous ne sommes pas parvenus à sonoriser l’abondante barbe du guitariste, encore moins à monitorer son cerveau.

Faute de note d’intention objective, difficile de départager ce qui relèverait d’une tactique de thésaurisation (Zakk WYLDE ayant été le guitariste et compositeur d’Ozzy OSBOURNE de 1988 (l’excellentissime album No Rest For The Wicked) à 2007 (Black Rain). Est-ce que l’éviction du bûcheron blond a incité celui-ci à revisiter les enregistrements fondamentaux de son employeur fantasque ? Impossible de trancher l’alternative. Sûrement y-a-t’il beaucoup d’admiration pour le répertoire revisité, avec de surcroît une dimension tactique qui permet pour Zakk WYLDE de compenser pour partie son éviction du clan OSBOURNE.

Vertigo, paru en 2020, s’attaquait au premier album de BLACK SABBATH (1970) avec sérieux, verve, précision et passion (les deux derniers critères ne s’excluant aucunement) ; nous en avions fort positivement rendu compte de la réitération du premier album du quartette de Birmingham (cliquez ici). En 2024, ZAKK SABBATH remet le couvert pour rendre un hommage mimétique aux second et troisième albums de BLACK SABBATH, à savoir Paranoid (1970) et Master Of Reality (1971). D’où un double album qui pose, à l’instar de son prédécesseur, un dilemme certain, voire plusieurs.

En premier lieu, évacuons la question de la légitimité : point n’est besoin d’avoir un lien avec le groupe dont on reprend le répertoire. Cela dit, avouons que la présence de Zakk WYLDE à la guitare et au chant qualifie d’emblée le bonhomme, qui a interprété des années durant les classiques essentiels de BLACK SABBATH, au côté d’Ozzy OSBOURNE. Qui plus est, la basse est tenue par un autre mercenaire du légendaire vocaliste : Rob NICHOLSON, alias Blasko.
En second lieu, la capacité du trio de musiciens ne peut être remise en question, sans toutefois empêcher un rapport critique. En effet, les capacités techniques des trois protagonistes ne sauraient être remises en question. A tout seigneur, tout honneur, Zakk WYLDE débite du riff épais et charbonneux à l’envie, avec un rendu un tantinet plus tranchant que celui de Tony IOMMI, plus granuleux et bluesy. Par contre, il ne peut reproduire in extenso le style unique du modèle (sauf à se faire amputer de bouts de doigts !) et cède hélas parfois à une tendance au shred, laquelle ne peut aucunement rendre justice à la capacité si particulière du sire moustachu de Birmingham à alterner les notes tenues sur la longueur et les staccati brusques. Cela dit, le rendu guitaristique s’avère on ne peut plus performant.
En charge du chant, le même Zakk WYLDE reproduit fidèlement, voire scrupuleusement, les lignes vocales de son ex-employeur, quand bien même son registre s’avère à la marge moins nasal que celui de son inspirateur. Il n’empêche que la performance sonne de manière imposante et particulièrement maîtrisée.
Si le son du maître à riffer de BLACK SABBATH s’avère quasi-impossible à répliquer, que dire des lignes de basse, originellement assurées par Geezer BUTLER, ici brillamment reprises par Blasko. La prestation est brillante, tendue, nerveuse, modulée quand nécessaire ; cependant, il semble impossible de reproduire à l’identique le son si particulier de BUTLER, à la fois si épais, grondant et agile (jeu aux doigts uniquement). De même, le batteur Joey CASTILLO déploie un jeu brillamment précis, sec et mobile, sans toutefois pouvoir reproduire le groove très personnel de Bill WARD.

Arrêtons de mégoter : la totalité de ce double album constitue un hommage particulièrement relevé et fidèle aux albums Paranoid (pierre philosophale du Heavy Metal) et Master Of Reality (l’album qui a imposé BLACK SABBATH aux Etats-Unis). Cela dit, à ce stade de volonté de fidélité au répertoire originel, se pose l’ultime et embarrassante question : est-ce que tout ceci est bien utile pour le public (les musiciens ayant pleinement le droit de se faire plaisir, avec ou sans nous) ? Sans me défausser, j’aurais tendance à dire que tout dépend du l’expérience de l’auditeur vis-à-vis de BLACK SABBATH. J’aurais tendance à conseiller fermement les impétrant.es à privilégier les versions remastérisées des trois premiers albums (idem pour les suivants, d’ailleurs). Pour les vieux renards comme votre serviteur, le sentiment est partagé entre l’exultation d’une émulation aussi vivace (penchant très majoritaire, je l’avoue) et l’envie que des groupes continuent à s’approprier de manière plus personnelle, voire détournée, un répertoire pour partie légendaire. Songez que, sur ce double album, vous entendrez les versions percutantes et crédibles de classiques comme War Pigs, Fairies Wear Boots et Electric Funeral (pionniers du Metal progressif, non ?), Paranoid (tube immortel et direct), Iron Man, Children Of The Grave, Into The Void et Sweat Leaf (sources ultimes d’inspiration pour le Doom Metal et le Stoner Rock). Quant aux deux compositions les plus subtiles, à savoir Planet Caravan et Solitude (originellement sentant la meilleure weed du monde !), ZAKK SABBATH les a traitées avec tact, quitte à opérer quelques modifications d’arrangements.

Au final, la question ultime se pose. A partir du moment où ce double album frôle la perfection, pourquoi devrait-on le dauber ? A contrario, dès lors que des versions rééditées et remasterisées des albums originaux sont disponibles à des prix fort raisonnables, pourquoi investir dans ce double album, à la fois si proche et, étant donné son extrême proximité, si vain ? A cela, je répondrai : achetez urgemment les versions originelles !
Puis, quand vous serez des adeptes consommés de BLACK SABBATH, découvrez tranquillement les mille et une déclinaisons de son prestigieux répertoire, via une quantité affolante de reprises, ZAKK SABBATH s’imposant comme un des projets zélateurs les plus crédibles, à défaut d’offrir le moindre développement, la moindre alternative.
En attendant, je confesse être un vieux renard et adhérer pleinement à un projet qui, certes, n’a rien d’essentiel en soi, mais qui renverse littéralement les obstacles par son fétichisme mimétique.

Vidéo de l’album cliquez ici
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