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Chronique
IRON MAIDEN - Senjutsu

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2021
Provenance du disque : Acheté
10titre(s) - 83minute(s)

Site(s) Internet : 
IRON MAIDEN WEBSITE
IRON MAIDEN FACEBOOK

 (20/20)

Auteur : 神の知恵
Date de publication : 31/12/2021
Un enregistrement très profond qui ne se découvre concrètement qu’en plongeant dans ses abysses...
2018. La première partie de la tournée Legacy Of The Beast, destinée à promouvoir le jeu vidéo éponyme, bat son plein. IRON MAIDEN fait salles combles un peu partout sur le sol européen grâce à une setlist originale basée sur trois thèmes distincts mais complémentaires, à savoir la guerre, la religion et l’enfer, magnifiquement illustrés par des décors de scène variés et un jeu de lumières dynamique. Déployant énormément d’énergie et heureux d’interpréter des titres rarement joués en live durant ces trois dernières décennies, le groupe retrouve l’entrain de sa jeunesse et regonfle le moral de ses troupes trop longtemps privés de nouveau matériel. En effet, cela fait alors déjà trois printemps que la formation a sorti son seizième opus, l’opulent The Book Of Souls. Et voir leur groupe favori remonter sur les planches et distribuer des mandales soniques sur une chorégraphie millimétrée leur permet de patienter en attendant que les britanniques daignent se remettre en mode composition.

Mi-août du même millésime, IRON MAIDEN lance les hostilités une dernière fois sur ce « first leg » deux soirées d’affilée à l’O2 Arena de Londres, l’équivalent de notre Accor Hotel Arena (ex-Bercy) national, avant de prendre un temps pour souffler et pour certains de ses membres, de s’occuper de leurs activités parallèles. Steve HARRIS s’occupe de mettre en boîte le second album de BRITISH LION, le très bon The Burning. Bruce DICKINSON, faisant face à des déboires personnels, continue à développer son business dans le secteur de l’aviation tout en poursuivant ses lectures dans les salles de conférences et théâtres du monde entier. Adrian SMITH, Dave MURRAY et Janick GERS se font discrets, au même titre que Nicko MCBRAIN qui écume les salons musicaux vantant les mérites de Paiste et de Sonor le matin et se retrouve devant les fourneaux de son restaurant le soir venu.

2019. C’est reparti pour la seconde partie de la tournée LOTB. Cette fois-ci, c’est tout le continent américain, du nord au sud, qui vibre au rythme des Aces High, Where Eagles Dare, The Clansman, Flight Of Icarus, For The Greater Good Of God ou autre Sign Of The Cross. Le combo et les milliers de fans qui s’amoncellent chaque jour dans les stades et autres lieux de culture sont enflammés. Fin septembre, alors que le sextet parcourt les états sudistes des USA, Bruce commence à peiner vocalement. En cause, une inflammation des cordes vocales et des difficultés à sillonner les différentes scènes. Mais, c’est avec force et courage qu’il poursuit ses démonstrations de vitalité typiquement « dickinsoniennes » et que, malgré ces problèmes, il continue de se donner à fond sur les terres mexicaines, brésiliennes, argentines et chiliennes. Cette fin de dernier trimestre voit le groupe se poser sans donner plus de nouvelles que cela.

2020. Année catastrophique pour la planète entière, en particulier pour les musiciens qui n’ont d’autre choix que de poser leurs flightcases et de rester confinés chez eux. Beaucoup profitent de ce stand-by pour ne pas rester les bras croisés et se mettent donc à écrire de nouvelles compositions. C’est un peu le silence-radio pour MAIDEN qui ne peut faire autrement que de reporter ses dates asiatiques, océaniennes et européennes, confinements successifs et mesures sanitaires obligent.

2021, à l’instar de l’annuité précédente, le SARS-Cov2 étant toujours loin d’être circonscrit, de nouveaux reports empêchent les artistes, dont IRON MAIDEN, de se produire une fois encore dans les grosses salles déjà bookées, des jauges serrées ayant été mises en place pour éviter des contaminations en série avec une mutation du virus appelée Delta, plus contagieuse que la version de base. La tournée 2021 est, par la force des choses, reprogrammée en 2022. Les fans commençant à en avoir gros la patate, la Vierge de Fer se décide finalement à sortir de sa torpeur et lance un judicieux jeu de piste ayant pour but d’aiguiser la curiosité et l’appétit de ses supporters. Dispersant ici et là de nombreux indices plus ou moins explicites à travers, notamment, le compte Twitter créée pour l’occasion d’un certain Daniel, en référence au personnage de la Bible, prophète israélite de Judée, déporté par les babyloniens et conseiller du roi Nabuchodonosor avant d’être capturé par Darius le Mède, lui-même ascendant du souverain défait par Alexandre Le Grand et cité dans la chanson éponyme du groupe, profil temporaire suivant 16 autres pages ayant un lien avec chacun des albums des britanniques. Ni une ni deux, les adorateurs de la Bête s’empressent de décoder chaque nouvelle énigme afin d’en découvrir la teneur finale. D’autant que de tenaces rumeurs, des clichés du sextet à Paris et des tweets du producteur Kevin SHIRLEY sont venus étayer la certitude de l’arrivée prochaine d’un 17ème opus.

Après plusieurs mois de creusage de méninges pour comprendre la signification des traces éparses laissées par le management des musiciens sur les divers médias sociaux ou dans les interviews d’amis proches (cf les entretiens sur le site du Download Festival UK) et un compte à rebours 16 jours avant une annonce officielle, le combo lâche enfin LE scoop tant attendu : un nouveau single, intitulé The Writing On The Wall, pourtant annoncé une douzaine de mois à l’avance avec l’inscription « WOTW » sur le mur de la dernière affiche de tournée LOTB en date, celle avec le Eddie Trooper en premier plan, pile poil le jour de l’anniversaire du peintre hollandais Rembrandt, l’auteur du célèbre tableau ‘Le Festin de Balthazar’ (ou ‘Belshazzar’s Feast’) auquel Bruce DICKINSON nous conviait quelques heures auparavant en arborant fièrement un t-shirt doté d’une inscription old-school faisant immédiatement penser à une affiche qui, d’ailleurs, s’est retrouvée un peu partout aux quatre « coins » du globe dans des endroits stratégiques, à savoir des lieux de concerts (Le Rainbow Bar, le Ruskin Arms, la Long Beach Arena) ou un mur dont Derek RIGGS s’était inspiré pour l’artwork du premier LP de la Vierge de Fer, donc tous liés à un moment ou un autre à la riche et longue histoire du groupe.

C’est avec délectation et une certaine appréhension que les fans ainsi que les journalistes découvrent le 17 juillet à 19h tapantes le clip de The Writing On The Wall, un titre d’une grande fraîcheur dotée d’une aura folk et de solos bluesy co-écrit par Bruce et Adrian. Ce morceau très enjoué en mid-tempo semble quelque peu diviser les spectateurs qui, d’une part, se disent déçus par une « mollesse », pourtant peu évidente, et, d’autre part, ravis par la renaissance de la formation qui semble s’être réinventée. Soutenu par une vidéo graphiquement irréprochable, œuvre d’anciens illustrateurs de chez Pixar pour l’animation et de Bruce himself pour la scénarisation, The Writing On The Wall enchaîne les références sous forme de courts caméos d’élément inhérents au groupe répartis tout au long des 6 minutes 24 secondes que dure le court-métrage en lui-même, nonobstant le générique de fin. Ambiances sonores, visuels réussis et identité post-apocalyptique à la Mad Max, ce petit film permet de souligner les propos de l’Air Raid Siren avec une classe incroyable et d’ouvrir les yeux sur la situation de notre monde en perdition.

C’est ensuite au tour de l’album d’être révélé sur la page Facebook d’IRON MAIDEN dès le lundi suivant, toujours en début de soirée. Senjutsu, de son petit nom tout mignon, fera désormais partie de la discographique des britanniques. Affublé d’un Eddie samouraï sanguinolent sur fond noir (une habitude depuis The Book Of Souls), ce dernier-né des ateliers des natifs du Royaume-Uni se dévoile lentement au travers d’une tracklist plutôt alléchante, des commentaires confiants de deux de ses auteurs (Bruce DICKINSON et Steve HARRIS) et de sa déclinaison variée sur plusieurs supports (digibook, mediabook, vinyles, box deluxe, box super deluxe). Il n’en faut pas plus pour susciter l’ire et le désir parmi les auditeurs en manque de sensations fortes qui, paradoxalement, s’insurgent contre les longueurs attendues des chansons du bassiste et se réjouissent dans le même temps de l’arrivée du nouveau matériel musical qui les ravira à coup sûr. Sans même avoir été découvert dans son intégralité, Senjutsu suscite déjà les passions au sein de la communauté metal.

Quelques vidéos d’introduction en studio plus tard, disponibles sur YouTube, et un deuxième single plus classique, Stratego, balancé comme ça sans crier gare par la machine MAIDEN, la tension ne retombe pas et les amoureu.x.ses du groupe trépignent d’impatience, attendant que l’album pointe le bout de son blister le vendredi 3 septembre. CertainEs n’en pouvant plus de se ronger les ongles, se jettent à corps perdu sur le leak la veille au soir. Les autres, fort heureusement plus nombreux, soit reçoivent avec un jour d’avance leur(s) précieux, soit vont se le(s) procurer le jour J. Pendant qu’une minorité sanglote de ne pas avoir réceptionné leur(s) exemplaire(s) dans les temps. Ce qui fût mon cas, ne l’obtenant des mains de mon disquaire que cinq longues journées après la mise en bac générale, ce dernier n’ayant pas été très au fait des dernières sorties en matière musicale, d’où l’absence de commande préalable.

Trêve de longueurs typiquement journalistiques, qu’en est-il de ce Senjutsu dont tout le monde rêvait de l’avoir entre les mains un jour ou l’autre ?

Pour commencer, il est nécessaire de rappeler que celui-ci a été mis en boîte entre deux sessions de la tournée Legacy Of The Beast, entre 2018 et 2019. Toujours au même endroit que The Book Of Souls : dans les studios Guillaume Tell à Suresnes. Que la façon de procéder à sa création était, à peu de chose près, similaire à celle de son prédécesseur. Succédant toujours à une répétition de titres préalablement composés, l’enregistrement, à proprement parler. Dans une ambiance live que le groupe affectionne tout particulièrement, de sorte à ce que l’ensemble sonne de manière homogène. Nonobstant les quelques overdubs après la prise de son, comme l’avoue Adrian SMITH dans une récente interview. Ce qui fait de Senjutsu une réalisation plutôt crue de base, dont le mixage a été pensé pour laisser place à l’ensemble du groupe. Cependant, même si celui-ci ne fait pas l’unanimité chez les audit.eur.rice.s, il est une sorte de dentelle qui dévoile toute la délicatesse dont font preuve les musiciens. Loin d’être mollasson, l’album est cependant tout en retenue. Comme si la formation s’était dit qu’elle laisserait les émotions induites par les dix nouveaux titres exploser lorsqu’elle irait les défendre en tournée, dans une parfaite communion avec les fans. Une tactique louable qui devrait réconcilier ces derniers avec le son Kevin SHIRLEY. Comme d’habitude, en somme. Car aussi bougons qu’ils soient, les adorateurs de la Bête ne le restent jamais très longtemps quand ils participent à la grande messe du heavy metal avec leurs britanniques préférés.

Musicalement, nos anglais favoris n’appréciant pas de rester sur leurs acquis, continuent de nous proposer des évolutions intéressantes qui font mouche. Même si l’ensemble possède toujours l’empreinte IRON MAIDEN, ici et là de nouveaux éléments pointent le bout de leur nez. C’est le cas, notamment, de cette section rythmique typiquement japonaise dite « taiko » durant les premières secondes de l’éponyme Senjutsu qui donne volontairement un ton martial à ce morceau mélancolique aux accents mineurs qui, mimétisme oblige avec l’énervé Invaders ouvrant le bal sur The Number Of The Beast, évoque une bataille entre des troupes nordistes envahissantes et des soldats prêts à défendre leur position murale. Comme titre d’introduction, le groupe a, à l’instar de Merrill Hess alias Joaquim Phoenix, frappé fort. Est-ce un signe pour la suite des événements ? L’affirmative est de rigueur car Senjutsu regorge d’agréables surprises, telles que The Writing On The Wall, précédemment évoquée dans cette tirade, l’alambiquée Lost In A Lost World et ses mélodies enchanteresses, la progressive The Time Machine, la moderne Days Of Future Past, l’atmosphérique The Parchment et l’épique Hell On Earth.

Les britanniques nous offrent là une belle brochette de chansons concrètement taillées pour la scène. D’ailleurs, Bruce DICKINSON a récemment évoqué le fait d’interpréter ce majestueux Senjutsu dans son intégralité, comme cela fût le cas pour le massif A Matter Of Life And Death en 2006, cette idée considérée comme farfelue à l’époque par les suppôts de la Bête, pensée qu’ils plébiscitent étrangement aujourd’hui avec Senjutsu. Le vocaliste ayant émis des pistes quant à son futur jeu de scène (duel de sabres laser avec Eddie, lévitation et envol, etc), pas toutes réalisables fort heureusement.

Dès Senjutsu, la formation s’est énormément consacrée aux ambiances entourant les dix titres. Outre les rajouts sonores en studio en (ab)usant de la technologie Dolby Atmo sur cette première piste, sur la version vidéo de The Writing On The Wall ou sur la balade Darkest Hour, l’usage là aussi extravagant des claviers plombe régulièrement des passages qui, débarrassés de cet atour superflu, auraient pu gagner en puissance. Soulignant parfaitement certaines portions de morceaux, comme sur Senjutsu ou Stratego, il est en revanche quelque peu inutile sur Lost In A Lost World ou Hell On Earth. Cela dit, il s’agit d’un détail et l’ensemble reste relativement musclé malgré des tempi plus lents et des guitares à l’unisson.

Les compos courtes s’articulent autour d’un couplet, d’un pont et d’un refrain, le tout réitéré une ou deux fois, parfois étêté d’un chorus qui revient après la suite de solos. Les structures changent toutefois lorsqu’il s’agit des titres au timing étendu, principalement Lost In A Lost World, Death Of The Celts, The Parchment et Hell On Earth, plus subtils dans leur approche, puisqu’ils sont l’œuvre de Steve HARRIS et axés originellement sur la rythmique.

Certains cantiques rappelant quelques albums du sextet, il est impossible de ne pas comparer les nouvelles pièces avec de plus anciennes, particulièrement présentes sur The X Factor (Lost In A Lost World, Hell On Earth), Virtual XI (Death Of The Celts), Brave New World (Stratego, The Parchment) voire A Matter Of Life And Death (Darkest Hour) ; Senjutsu, The Writing On The Wall, Days Of Future Past et The Time Machine faisant plutôt office de sang frais parmi des sensations de déjà-vu ou, plus justement, de déjà-entendu.

Aucun des morceaux en présence ne peut être qualifié de faible. Tous ont leur place et tous font plus ou moins le job qu’on leur demande. Tous sont appréciables, même si Senjutsu, Stratego, The Writing On The Wall, Lost In A Lost World, Days Of Future Past, The Parchment et Hell On Earth semblent plus solides artistiquement parlant, laissant non loin derrière The Time Machine, Darkest Hour et Death Of The Celts, ce dernier lied étant le moins bon de tous, du moins celui qui ne décolle jamais vraiment. Complètement à l’opposé d’un The Clansman survitaminé où les instants de bravoure rendant hommage à William Wallace étaient légion, Death Of The Celts se contente de narrer discrètement une histoire, sûrement pour coller à la sobriété de rigueur lorsqu’un peuple se fait laminer par un autre. D’où l’aspect solennel qui en ressort, à la manière d’un chant du cygne tristounet. Malgré le trio de guitaristes qui s’acharnent comme quatre à tenter de lancer la machine quand celle-ci semble s’enrayer ponctuellement. Cela dit, il n’est aucunement difficile de s’imaginer le gigantesque batteur s’adonnant à quelques pas de sean-nos derrière ses fûts à l’entame de la huitième piste de cette envoûtante galette.

Néanmoins, Senjutsu reste un album équilibré, sans trop de longueurs, un poil plus inspiré que The Book Of Souls. Le travail de Nicko MCBRAIN est tout simplement époustouflant, surtout sur le placement de la grosse caisse et les breaks, et Bruce DICKINSON se transforme pour l’occasion en conteur de veillées au coin de la cheminée. Steve HARRIS, comme toujours, revêt le costume de commandant de bord pour guider ses troupes et les trois fées que sont Adrian SMITH, Dave MURRAY et Janick GERS s’en donnent à cœur joie en alternant duels instrumentaux lors de soli brûlants et riffs écrasants.

Thématiquement, Senjutsu reprend là où A Matter Of Life And Death s’était arrêté, à savoir un faux-concept guerrier au travers de chansons abordant les divers conflits mondiaux d’un point de vue détaché, le narrateur Bruce et le parolier Steve se contentant d’être des spectateurs, certes désabusés, d’un monde en perdition. Sur un plan temporel, plusieurs périodes sont abordées : le Moyen-Âge, probablement Chinois avec cette allusion à un mur et des hordes belliqueuses l’assiégeant par le nord, ce qui peut faire penser aux attaques mongoles, sur Senjutsu ; l’époque napoléonienne sur Stratego ; le capitalisme contemporain en guerre contre la civilisation humaine et l’environnement sur The Writing On The Wall ; la chasse aux indiens sur Lost In A Lost World, rappelant fortement Run To The Hills, mais avec une coloration plus blues rock ; The Darkest Hour, prolongement de The Longest Day, sur, notamment, le débarquement en Normandie et les exploits de Winston Churchill, loin de ses excès et de ses répliques tordues ; Death Of The Celts qui évoque la défaite des peuples gaëls suite aux diverses batailles face aux implacables soldats de la Reine, tels les fameuses « Tuniques Rouges » ; Hell On Earth contant, entre autre faits, l’existence d’enfants-combattants ainsi que la déchéance de l’être humain qui préfère embrasser le mal plutôt que le bien.

Il s’agit, par conséquent, d’un disque assez sombre tant littérairement que musicalement, ce qui peut déplaire à certainEs d’entre vous qui préférez les grandes et joyeuses envolées vocales et guitaristiques à la The Trooper ou Aces High. Cela dit, IRON MAIDEN se définit aussi par son obscurité, pas uniquement par sa luminosité. Comme le chante, d’ailleurs, si bien Bruce DICKINSON sur le 6ème titre de A Matter Of Life And Death, « a man who casts no shadow has no soul ». Si le groupe ne jouait pas sur les deux tableaux et qu’il se contentait de faire du heavy sautillant à la manière d’un HELLOWEEN tout juste fraîchement sorti de l’adolescence, il n’aurait pas d’âme. D’où le réalisme terre-à-terre de nos musiciens préférés qui vivent et ressentent le quotidien comme nous le faisons. Rester constamment dans la gaieté n’aurait aucun sens, puisque la Vie et ce monde ne sont franchement pas folichons.

Toutefois, les ménestrels n’ont aucunement oublié, comme à leur habitude, de distiller quelque étincelle de positivité ici et là au travers de mélodies plus légères, de tempi pétillants ou de paroles emplies d’espoir. Rien n’est tout blanc ou tout noir chez IRON MAIDEN. Il y a souvent de nombreuses nuances que nos chers britanniques adorent utiliser pour créer de l’imprévu ou des ambiances ambivalentes qui peuvent surprendre. Un peu à la façon d’un Rembrandt et sa technique dite du « clair-obscur » qui traite la lumière d’une manière particulière en la décomposant tout en la travaillant sous forme de contrastes plus ou moins appuyés. Le sextet agit de même tout en bousculant les aprioris, les fans ayant une fâcheuse tendance à attendre quelque chose de bien précis de la part de ce groupe qui évolue constamment, qui ne reste pas figé dans le temps telles les formations stagnantes que sont AC-DC ou MOTÖRHEAD, pour ne citer qu’elles. D’où les brûlots Senjutsu et Days Of Future Past qui apportent un brin de fraîcheur dans le répertoire des six apôtres de la NWOBHM.

Grâces aux influences diverses et aux expériences de vie variées de nos compères, c’est une musique bigarrée qui prend forme à chaque fois qu’un album est enregistré. Un heavy metal teinté de progressif qui reste, cependant, aussi homogène qu’une mayonnaise faite « maison », qui ne part pas dans tous les sens à l’instar d’un Firepower de JUDAS PRIEST ou d’un éponyme Icon Of Sin des brésiliens menés par Raphael MENDES. Steve HARRIS et sa bande savent réellement ce dont la musique d’IRON MAIDEN a besoin pour être jouissive et si inspirante.

Alors, oui il y a quelques répétitions, Senjutsu comporte peut-être certaines figures de style qui ne plaisent pas au commun des mortels (les powerchords, les claviers ou les guitares qui miment les mélodies de chant, le delay sur Lost In A Lost World, des redondances de riffs déjà entendus chez MAIDEN par le passé, des soli non pas moins ciselés mais plus sages), mais les haters se sont-ils déjà vraiment mis à la place des musiciens, ont-ils déjà essayé de pondre un The Number Of The Beast, un Powerslave, un Seventh Son Of A Seventh Son voire même un Brave New World, ou de comprendre ce que la troupe de chevelus qui nous est si chère a voulu dire avec Senjutsu ? Il est, donc, tout bonnement stupéfiant de constater à quel point ces détracteurs peuvent se l’ouvrir alors qu’ils n’ont même pas réalisé le millionième de ce que la Vierge de Fer a entrepris durant les plus de quatre décennies de son existence.

Il est, effectivement, indubitable que les membres du combo vieillissent. Que leur façon de penser le monde ou leur art change. Qu’ils aspirent à plus de calme. Et de sérénité. A contrario des jeunes loups de la NWOTHM, par exemple, ils n’ont plus rien à prouver. Surtout pas leur talent. Le fait qu’ils aient embauchés Kevin SHIRLEY durant les prémices du nouveau millénaire ne les a pas empêchés de sortir des enregistrements de qualité par la suite. OK, la musique est quelque chose d’abstrait et, donc, personne ne peut réellement se targuer d’être totalement objectif à son écoute. Tout étant question de perception intime, chaque expérience reste personnelle. Il n’y a pas une vérité face à une dégustation auditive, il y en a autant que d’individus qui l’ont entreprise. Après, tout est une question d’arrangements entre les quidams dont les vécus peuvent exceptionnellement converger vers une seule et similaire « vision » d’une prestation, peu importe qu’elle ait été réalisée dans le cadre d’un enregistrement studio ou d’une prouesse scénique. Le plus important étant toujours ce que les artistes ont désiré transmettre comme émotions ou message à travers une chanson, un album. Car, finalement, ce ne sont pas nos ressentis et nos désirs de fans qui sont les plus urgents, ce sont les projets et la vision de l’âme qui crée qui le sont.

Conséquemment, la liberté de conception d’un artiste est quelque chose de sacré et légitime qu’on ne peut lui retirer, d’autant plus quand on a la même activité. Dicter tel ou tel comportement ou façon de faire à Steve HARRIS est peine perdue, le bassiste étant le seul maître à bord du navire IRON MAIDEN qui, contrairement au Titanic, n’a jamais coulé, malgré les nombreux icebergs et écueils qui se sont présentés sur son chemin, principalement dans les années 90. Avec son équipage, il a su relever la barre lorsqu’il le fallait pour éviter de chavirer ou se prendre une lame de fonds dans les dents. Ceci en faisant confiance à son intuition et son sens inné de l’esthétique musicale. Tout en prenant avis uniquement auprès de ses fidèles matelots depuis les retours inattendus de Bruce et Adrian sur le pont. N’en déplaise aux lourdingues catastrophistes qui prédisent régulièrement la chute du bâtiment comme un certain Paco en son temps avec une station spatiale russe, la croisière sur le yacht britannique n’est pas prête de se terminer de sitôt. Tant que le vent soufflera, comme le chantait fièrement Renaud, le sextet repartira de plus belle sur les eaux tumultueuses des tournées après de paisibles escales en studio, plein d’idées en tête, comme à son habitude et pour notre plus grand plaisir auditif.

Senjutsu, loin de battre des sentiers japonisants malgré le magnifique artwork de Mark WILKINSON, s’avère être une nouvelle démonstration de force des anglais qui, réputation à défendre oblige, n’a pas à rougir face à des sorties plus anciennes émanant des compatriotes de JUDAS PRIEST ou SAXON, dont le manque d’audace (et d’inspiration) est finalement compensé par une production en béton, alors que MAIDEN, quant à lui, ne lésine pas sur le travail de composition et d’interprétation, laissant le soin de la mise en boîte à Kevin SHIRLEY. A contrario des meutes à Rob HALFORD ou Biff BYFORD qui enregistrent uniquement des passages de chansons, celle de Steve HARRIS apprécie de complètement se les approprier avant de se lancer dans leur capture live en « one-shot », ne passant en mise en bande sur chaque titre que quelques heures, d’où l’absence d’overdubs et de surmixage. L’important pour le fondateur et leader de cette légende vivante du heavy metal est de donner la sensation aux fans d’être dans une salle de concert, histoire de bien les chauffer avant son retour sur scène en 2022 pour la dernière partie du Legacy Of The Beast World Tour, durant laquelle la setlist devrait être remaniée de sorte à ce que deux ou trois morceaux de Senjutsu puissent être magnifiés, ceci avant l’entame d’une nouvelle tournée globale en salles début 2023 pour défendre ce 17ème album haut-en-couleurs et toujours aussi puissant émotionnellement après maintes écoutes en mp3, en CD, en vinyle, au casque ou sans. Des monstres de mélodies tels que The Writing On The Wall, Lost In A Lost World, The Parchment ou Hell On Earth devraient sans mal passer le test de la scène et mettre d’accord touTEs les vraiEs adorat.rice.eur.s d’IRON MAIDEN sur leur potentiel artistique. Facile il est déjà d’imaginer un double-album de la version live de Senjutsu, comme cela le fût pour The Book Of Souls avec son pendant en public The Live Chapter. Mais, avant cela, prions que les citoyens de Sa Majesté nous offrent l’été prochain un DVD du LOTB, histoire de nous rincer l’œil et de tester quelques échantillons de ce grand cru 2019, faussement étiqueté 2021.

C’est parce-que Senjutsu n’est pas un album facile d’accès, tout comme le furent en leur temps Somewhere In Time et The X Factor, qu’il est nécessaire de lui accorder un peu de temps au fur et à mesure des écoutes afin de bien s’imprégner des ambiances et de l’effeuiller sans l’effleurer. C’est un enregistrement très profond qui ne se découvre concrètement qu’en plongeant dans ses abysses. Il est vital d’essayer d’en extraire l’essence à défaut de passer à côté de ce formidable 17ème opus des britanniques. Il est évident que celui-ci contient les gimmicks habituels des ménestrels, mais en se concentrant sur l’essentiel, il est aisé de prendre du plaisir à son écoute. Les 82 minutes du heavy metal théâtral, épique et « progressif » des anglais s’écoulent à une vitesse inimaginable, laissant sur leur faim les insatiables fans, contrairement au, pour certainEs, bourratif The Book Of Souls, plus consistant, parfois un peu trop, notamment sur le relativement longuet The Red And The Black. Senjutsu se laisse commodément dévorer d’un bout à l’autre, malgré les changements quasi-permanents de textures et d’arômes, sans pour autant que ces fluctuations aient une véritable incidence sur le résultat final qui est, à n’en pas douter, d’une extrême finesse et d’un intérêt certain. Pendant que des bourrins réclament à tort et à travers que le sextet fasse appel à un ingénieur du son extérieur à la Bob ROCK et s’accorde ainsi une production plus « couillue », à la manière du Black Album des thrasheux de METALLICA, la démarche d’IRON MAIDEN reste, heureusement tout autre, se démarquant ainsi des « Four Horsemen », ces derniers étant plus habitués à défoncer des culs qu’à nous offrir des titres intellectuellement avancés, ce qui n’a rien d’étonnant de la part d’un groupe américain. Les londoniens préfèrent enseigner l’Histoire ou la Littérature plus flegmatiquement en se concentrant sur les atmosphères et les changements de rythme que sur l’agressivité superflue. La Vierge De Fer se pose en conteuse, pas en boxeuse (Lost In A Lost World, The Time Machine, Darkest Hour, Death Of The Celts, The Parchment). Toutefois, elle n’en oublie pas d’être incisive quand un morceau le nécessite (Stratego, Days Of Future Past). Ou de faire carrément le grand écart (Senjutsu, The Writing On The Wall, Hell On Earth).

Pour réellement comprendre cet album un peu à part dans la discographie du groupe, une bonne dizaine d’écoutes est nécessaire a minima. Beaucoup parmi vous n’arrivent pas à saisir ce que la formation a voulu dire ou transmettre comme émotions avec ce Senjutsu aux allures d’OVNI. Le sextet n’étant pourtant pas l’équipage d’une soucoupe volante ni une bande de petits hommes verts débarquant du fin fond de l’Univers, il paraît inconcevable que des fans fassent preuve d’autant de défiance à l’égard de ce combo expérimenté qui, depuis plusieurs printemps, se fait égoïstement plaisir en studio, ce qui est son droit le plus absolu, ainsi que l’a récemment expliqué Nicko MCBRAIN. Il n’a nul besoin de « téléphoner maison » pour qu’on lui envoie des idées. Il n’a pas à être entouré de supporters envahissants qui lui donneraient des leçons de composition, d’écriture ou de production. La recette a toujours été la même depuis le tout début, la troupe n’écoutant que ses propres intuitions en faisant fi du monde extérieur, y compris sur les joyaux que sont The Number Of The Beast, Piece Of Mind, Powerslave, Somewhere In Time et Seventh Son Of A Seventh Son. Si la meute toujours affamée qu’est IRON MAIDEN s’est décidée à quelque peu ralentir la cadence sur Senjutsu, ce n’est aucunement pour décevoir son auditoire, c’est uniquement parce-que arrivé à un certain âge, les corps et les esprits ont besoin de prendre leur vie et leur carrière d’une manière plus placide, sans se précipiter, en décélérant, « appuyer sur le champignon » n’étant plus une option, l’existence n’étant pas un crash test permanent et nos six musiciens n’étant pas des « dummies ». Le live étant leur priorité absolue désormais, c’est sur scène que les morceaux de Senjutsu prendront réellement vie et gagneront en intensité. Voilà la stratégie adoptée par les britanniques, dont l’amour pour son public est légendaire. Senjutsu est un disque plus introspectif de par son atmosphère tamisée, fortement émotionnel au travers de mélodies délicates, clairement mélancolique par son mode mineur. Cet opus pouvant évidemment se définir comme un hybride de The X Factor pour son côté obscur, Seventh Son Of A Seventh Son pour ses mélodies et l’émotion qui s’en dégage, A Matter Of Life And Death pour son visage martial, Brave New World pour l’expérimentation progressive, Dance Of Death pour son aspect qui sort des sentiers battus et The Book Of Souls pour cette différence dans la continuité. Senjutsu est, de facto, un album extrêmement intéressant à plus d’un titre et il n’est finalement pas si étonnant que cela de le voir toujours graviter dans les charts européens à des places plutôt convenables, voire extraordinaires pour l’œuvre d’un groupe qui n’a jamais cédé aux sirènes commerciales ni été réellement mainstream. De même, il n’est aucunement surprenant de l’apercevoir en tête des classements des sorties 2021 dans les tops des magazines et webzines spécialisés. La qualité étant au rendez-vous, c’est normal. Senjutsu est le disque des records pour IRON MAIDEN. Si cette rondelle devait être son ultime, IRON MAIDEN pourrait se targuer d’avoir terminé en beauté. Néanmoins, fort heureusement, le groupe n’a pas dit son dernier mot et une dix-huitième galette est prévue, sans aucun doute aux alentours de 2023/2024. D’ici là, réjouissons-nous d’avoir survécu au « méchant » Covid-19, de vivre au temps de la Vierge de Fer et de pouvoir bientôt découvrir Senjutsu en direct, n’en déplaise aux grincheux.



Line-up :

Bruce DICKINSON (chant)
Adrian SMITH (guitares)
Dave MURRAY (guitares)
Janick GERS (guitares)
Steve HARRIS (basse)
Nicko MCBRAIN (batterie)


Equipe technique :

Kevin SHIRLEY (enregistrement, mixage, mastering, production)
Steve HARRIS (production)
Mark WILKINSON (artwork)


Studios :

Enregistré, mixé et masterisé aux studios Guillaume Tell (Suresnes, France)


Crédits :

Bruce DICKINSON (paroles, musique)
Adrian SMITH (paroles, musique)
Steve HARRIS (paroles, musique)
Janick GERS (paroles, musique)


Tracklist :

1) Senjutsu
2) Stratego
3) The Writing On The Wall
4) Lost In A Lost World
5) Days Of Future Past
6) The Time Machine
7) Darkest Hour
8) Death Of The Celts
9) The Parchment
10) Hell On Earth

Durée totale : 83 minutes environs


Discographie non-exhaustive :

The Soundhouse Tapes [Démo] (1979)
Iron Maiden (1980)
Killers (1981)
The Number Of The Beast (1982)
Piece Of Mind (1983)
Powerslave (1984)
Life After Death [Live] (1985)
Somewhere In Time (1986)
Seventh Son Of A Seventh Son (1988)
No Prayer For The Dying (1990)
Fear Of The Dark (1992)
A Real Live One [Live] (1993)
A Real Dead One [Live] (1993)
Live At Donington [Live] (1993)
Raising Hell [Live] (1994)
The X Factor (1995)
Best Of The Beast [Compilation] (1996)
A Real Live Dead One [Live] (1998)
Virtual XI (1998)
Ed Hunter [Compilation / Jeu Vidéo](1999)
Brave New World (2000)
Rock In Rio [Live] (2002)
Edward The Great [Compilation] (2002)
Eddie’s Archive [Box] (2002)
Dance Of Death (2003)
The Essential Iron Maiden [Compilation] (2005)
Death On The Road [Live] (2005)
A Matter Of Life And Death (2006)
Somewhere Back In Time : The Best Of 1980/1989 [Compilation] (2008)
Flight 666 : The Original Soundtrack [Live] (2009)
The Final Frontier (2010)
From Fear To Eternity : The Best Of 1990/2010 [Compilation] (2011)
En Vivo ! [Live] (2012)
The Complete Albums Collection 1980/1988 [Box] (2014)
The Book Of Souls (2015)
The Complete Albums Collection 1990/2015 [Box] (2017)
The Book Of Souls : Live Chapter [Live] (2017)
Nights Of The Dead, Legacy Of The Beast : Live In Mexico City [Live] (2020)
The Writing On The Wall [Single] (2021)
Stratego [Single Digital] (2021)
Senjutsu (2021)


Date de sortie :

Vendredi 3 septembre 2021



The Writing On The Wall (Clip Officiel)

Stratego (Clip Officiel)
COMMENTAIRES DES LECTEURS Vos commentaires, vos remarques, vos impressions sur la chronique et sur l'album
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Gribouille Le jeudi 13 janvier 2022

Ville : Palluau
Très bon album, pas le meilleur à mon goût, mais non dénué de qualités....Ce sera un 19/20 ce qui reste une très bonne note ^^
Rémifm Le samedi 8 janvier 2022
Allez, c'est mon tour de dire que cet album m'enchante du début à la fin, tout me plaît et quand il se termine, je n'ai qu'une envie, l'écouter à nouveau... Donc sans réfléchir plus, conceptualiser etc., IRON MAIDEN ou pas, je ne retiens égoïstement que mon plaisir et il est total ! 20/20 aussi...
Alain Le lundi 3 janvier 2022
Pour ma part, j'ai acheté l'album et j'en ai apprécié certains motifs obligés, tout en trouvant que le groupe paraissait plus relâché, moins cadré sur des motifs Heavy Metal caricatural. A ce titre, j'apprécie les riffs Rock de The Writing On The Wall. Par contre, la réitération ad nauseam depuis les années 90 des introductions lentes, douces, avec un motif de guitare simplissime. C'est à ce stade que devrait intervenir un vrai producteur. Autant Kevin SHIRLEY avait épaissi et musclé le son du groupe sur le magnifique Brave New World (dernier album majeur à mon sens), autant je trouve qu'il se contente d'un rôle d'ingénieur du son un peu trop servile vis-à-vis de membres d'un groupe qui ont forcément tendance à penser qu'ils maîtrisent tout et tout le temps.
Pumpkin-T Le dimanche 2 janvier 2022

Ville : MARSEILLE
De mon point de vue le succès de cet album est dû à 2 facteurs : 1) la plus grosse fan-base actuelle du monde du rock, que la dévotion et la nostalgie rend sourde 2) de la com est du packaging. Je dis cela à chaque fois, mais la prochaine fois, je n'achèterai pas sans écouter - lol. 14/20 bon album.
Commentaire de 神の知恵 : Je ne suis pas sourdingue, mes oreilles vont très bien. ;) Si la plupart des magazines et webzines européens s'accordent à dire que 'Senjutsu' est l'un des meilleurs albums de Maiden à ce jour, ce n'est pas par dévotion aveugle au groupe, mais bien car artististiquement cet opus est bien un chef d'oeuvre, car ils ont bien pris le soin de l'écouter plusieurs fois et de l'analyser en profondeur, en le décortiquant. Il faut surtout que certainEs arrêtent d'être coincéEs dans les 80's, le groupe vieillit et il mature comme un excellent millésime et il n'a plus l'âge de se prendre pour un groupe de thrash. ;)
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