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Chronique
ABDUCTION - Toutes blessent, la dernière tue

Style : Melodic Extrem Metal
Support :  CD - Année : 2023
Provenance du disque : Reçu du label
9titre(s) - 57minute(s)

Site(s) Internet : 
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ABDUCTION BANDCAMP
ABDUCTION FACEBOOK

Label(s) :
Frozen records
Finesterian Dead End
 (16/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 12/01/2024
Black metal progressif et gothique
Formé en 2010, le quartette francilien ABDUCTION creuse avec patience et ambition son sillon, poursuivant son projet d’un Black Metal, hanté par le romantisme le plus sombre, animé par des structures progressives et un goût avéré pour les contrastes. Ambitieux, les trois premiers albums du groupe l’étaient assurément ; pleinement aboutis, nettement moins à mon goût, tant les nombreux ingrédients semblaient s’entrechoquer, plutôt que se côtoyer harmonieusement et efficacement. Rien de rédhibitoire, juste l’impression d’une exigence artistique qui n’avait pas encore les moyens d’expression requis pour incarner pleinement les objectifs visés.

Toutes blessent, la dernière tue, quatrième album donc (empruntant son titre à un roman de Karine GIEBEL, datant de 2019), me semble donner à entendre un groupe plus affûté, davantage en maîtrise de son inspiration proliférante. Même si pas moins de quatre compositions affichent des durées confortables (entre plus de sept et plus de huit minutes), ABDUCTION a compris qu’il ne gagnait rien à laisser de telles durées dominer ses albums, comme ce fut le cas sur Une ombre régit les ombres (2016), A l’heure du crépuscule (2018) et Jehanne (2020). Sans rien rogner de son amour des structures complexes, riches en cassures rythmiques et en changements d’ambiances, les quatre compères affichent une assurance et une efficacité nouvelles via une majorité de titres plus concis, plus percutants.

Ceci étant établi, ABDUCTION revendique plus que jamais la cohabitation entre l’âpreté agressive et la rapidité vénéneuse du Black Metal d’une part, la limpidité mélodique des plages les plus apaisées d’autre part. Pour le versant Black Metal, saluons l’impact des vocaux les plus rugueux de François BLANC, en net progrès dans ce registre. Si le riffing bourdonnant de Guillaume FLEURY s’avère classiquement hypnotique, on peut regretter que le mixage ait privilégié une certaine propreté, certes garantissant de ne pas tomber dans le vrombissement uniforme, mais rognant quelque peu la férocité du dispositif. Aucun souci avec les plans de guitare électrique plus mélodiques, qui introduisent une dynamique plus accrocheuse. Pas forcément servi par un son énorme, le batteur Morgan VELLY développe un gros volume de jeu, maîtrisant à la fois la pleine puissance et un souci de variation, voire de subtilité.

Du côté plus apaisé, les nombreuses parties de guitare paisibles et cristallines, en son clair, imposent par des schémas simples une alternative prenante. Encore plus diversifié, le chant propose plusieurs nuances de clarté, toutes porteuses d’une sensibilité romantique éloquente, avec une élocution articulée qui permet de savourer des textes incontestablement soignés. Indéniablement, à ce stade de la discographie d’ABDUCTION, cet aspect essentiel du chant de François BLANC rassure, par rapport à ses prestations au sein d’ANGELLORE (cliquez ici). Des progrès restent encore à réaliser, mais on est clairement sur la bonne voie.

A priori étonnante, la reprise en mode Black Metal du titre Allan, initialement interprété par la chanteuse Mylène FARMER (album Ainsi soit-je…, 1988), ne s’avère ni blasphématoire, ni essentielle ; elle témoigne par contre d’une fierté bien placée, quand il s’agit de revendiquer des influences primitives en matière de romantisme trouble.

A mon sens, ABDUCTION a livré son album le plus abouti à ce jour. Ajoutons que, du point de vue visuel, le groupe a d’entrée de jeu placé la barre assez haut, tant pour les photos soignées que pour les choix d’œuvres (ici signée de l’immense Hubert ROBERT, peintre du 18ème siècle, souventes fois désigné comme le peintre des ruines). En somme, si vous étiez déjà adepte du Black Metal complexe et torturé d’ABDUCTION, l’acquisition de cet opus ne fait aucun doute ; si, jusqu’à présent, vous étiez, comme moi, dubitatif, voire réticent, le temps est venu de se plonger dans cet univers foisonnant et palpitant.

Vidéo de Carnets sur récifs cliquez ici et de l’album en entier cliquez ici
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